Les Giménologues y participeront le 15 : 90e anniversaire de la révolution espagnole
Les Giménologues seront présents au festival Les Réclusiennes le 15 juillet 2026
Avant toute chose, nous signalons notre accord avec le texte de Jean-Jacques M’μ du 23 mai 2026, mis en circulation par les organisateurs des Reclusiennes :
« Deux impostures majeures d’une psychologie de la soumission : résilience et devoir de mémoire. L’exemple des transmissions brisées après la guerre d’Espagne (1936-1939)
A QUELQUES JOURS ANNIVERSAIRE DU COUP D’ÉTAT NATIONALISTE DE 1936, qui a précipité dans l’exil les populations d’Espagne, un diagnostic s’impose. On ne peut ouvrir le thème qui nous occupe ; « Battre, abattre, combattre, débattre » sans dégager l’usage contemporain de concepts tels ceux de « résilience » ou de « devoir de mémoire », lesquels constituent moins une avancée thérapeutique « pour se battre » (sic) qu’une pièce à conviction contre le débat et contre la pensée critique.
La réponse intellectuelle doit être nette : la résilience n’est pas une vertu individuelle ; c’est un instrument idéologique de privatisation de la souffrance, au service d’un ordre établi qui se décharge de ses responsabilités. Quant au « devoir de mémoire », il n’est souvent qu’une liturgie vide, une injonction paradoxale qui fige le passé en monument pour mieux dispenser le présent de toute action politique ».
Et sa conclusion :
La réponse intellectuelle doit donc être nette : la résilience et le devoir de mémoire, tels qu’ils sont promus, ne sont pas des outils de libération. (…) . Il faut les combattre sur leur propre terrain : non par une morale vague, mais par la méthode, par l’histoire, par la reconnaissance des violences structurelles. Il faut nommer le pourquoi et le comment de chaque séquelle pour ne plus en subir les effets traumatiques. Il faut que la mémoire apprenne à sortir vivante, originale et désacralisée, partageable, et non plus à la façon d’un devoir ritualisé. Il faut que les cahiers d’autrefois soient réouverts pour qu’enfin ils puissent être lus.
(Texte intégral en PDF joint)
Nous le rapprochons de l’article de Daniel Aïache : « Mémoire, oubli et récupération de la mémoire historique de la guerre civile espagnole », 2011, qui se terminait sur ces considérations :
« Le récit victimaire absorbe tous les autres, les réduit à néant et contribue à la neutralisation des conflits passés. Puisque tous ont été « victimes d’une guerre fratricide », il n’est plus utile de chercher les significations de la guerre et de la révolution espagnole. Le mot même de révolution disparaît de toutes les discussions, débats et publications traitant de la « récupération de la mémoire historique ».