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En souvenir de Bernard Pensiot
Qui nous a quittés le 6 mai 2018
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Nous prolongeons l’article des camarades de La Plume Noire pour évoquer l’engagement de Bernard – que certains d’entre-nous ont bien connu à Perpignan dans ces années-là – dans les activités à caractère multiple auxquelles nous participions ensemble et, avant tout, celles liées à l’Espagne, il y a quarante ans.

« Avec les militants de Frente libertario, il participe à différents réseaux de passeurs à travers les Pyrénées. Des tracts, de l’argent, des armes, des femmes et des hommes. Dans un sens et dans l’autre, organisant notamment l’accueil des réfugiés et militant-e-s à Perpignan et dans sa région. Cet engagement et cette solidarité lui valurent d’être arrêté à Barcelone en 1978 lors de la période dite de « transition démocratique », période où il était nécessaire de criminaliser la CNT, ses soutiens et le mouvement libertaire en général.
Bernard passe alors sans aucun procès huit mois derrière les barreaux à La Modelo. Il participa à une mutinerie avec « autogestion » de la taule durant 15 jours (!) ainsi que deux tentatives d’évasion, dont l’une où il contribua grandement au creusement d’un tunnel, avant d’être libéré et expulsé en France suite à une grève de la faim de 28 jours. »

Extrait de : https://rebellyon.info/A-notre-camarade-Bernard-Ponsiot-19161

Avant et après la mort de Franco, les « affaires d’Espagne » engendraient toujours une tension particulière à Perpignan. En 1976, un attentat à l’explosif frappa le local libertaire Ecletxa ; un autre – aussi attribué à l’extrême-droite, associée à des services franquistes – provoqua un incendie criminel qui détruisit la librairie libertaire d’Henri Melich à Perpignan. Représentant dans le Sud de la France des éditions Ruedo Iberico, Henri Melich avait fondé cette Librairie Espagnole en 1974 [1]. En 1975, il participait à l’édition du bulletin clandestin Acción Anarcosindicalista édité à Barcelone (6 numéros durant en 1975-1976) qui était composé en Espagne, imprimé à Perpignan puis réintroduit en Espagne. Bernard et Henri se connaissaient bien et collaborèrent plus d’une fois.

Début 1978, la marginalisation des libertaires était programmée en Espagne. Au cours d’une manifestation organisée par la CNT contre le contenu anti-social du pacte concocté à la Moncloa – accepté par les partis et les centrales syndicales dites d’opposition – un attentat fut perpétré contre le théâtre La Scala à Barcelone [2] dans lequel deux personnes trouvèrent la mort. Les autorités espagnoles tentèrent de rendre responsables de l’incendie la CNT et FAI, désormais accusées de mettre en péril la paix sociale et le processus de transition pacifique.

Nos deux amis Victor Simal et Bernard Pensiot furent arrêtés en février 1978 à Barcelone dans le cadre d’une grande rafle anti-anarchistes espagnols et français.

(Doc A Indépendant du Midi février 1978)

Bernard a raconté à sa sortie dans la presse les conditions de son arrestation, de son interrogatoire et de sa détention, et notamment comment il avait été piégé par un inflitré dans le mouvement libertaire [3].

(Doc B Indépendant du Midi novembre 1978)

Victor et Bernard s’impliquèrent beaucoup dans les luttes de prisonniers de la Modelo de Barcelone. Le CAR [4] de Perpignan les relaya en publiant et diffusant plusieurs textes et tracts, des plaquettes avec lettres de prisonniers dont la brochure d’information : « Répression démocratique contre le Mouvement libertaire en Espagne », la brochure de la COPEL [5] : « Avant qu’il ne soit trop tard » et celle du CAR : « La chasse aux sorcières. Espagne 1978 » (Doc C).

Le 11 mai 1978, le CAR reproduisit le texte de Victor qui rendait compte de la « Nuit rouge de la Modelo » où les prisonniers organisés de la COPEL s’auto-mutilèrent Une lettre de Bernard sur les luttes de la COPEL fut aussi diffusée en août 1978 (Doc E)

Bernard et Victor furent libérés en octobre et novembre 1978.

Lors d’une conférence de presse tenue le 5 juin 1981 à Perpignan par des libertaires et anarcho-syndicalistes (on voit Bernard sur la photo du Doc F), une mise au point fut effectuée pour dénoncer les manipulations des autorités espagnoles assimilant les libertaires aux activités menées par des groupes d’extrême-droite à Barcelone (notamment après la prise d’otage de la Banque centrale de Barcelone les 23 et 24 mai 1981).

Une partie de ces éléments sont extraits de la « Petite chronologie des activités où gens des villes et gens des champs se sont associés au sein de la mouvance libertaire des Pyrénées Orientales » de Myrtille Gonzalbo , publié in

Les communautés libertaires agricoles et artistiques en pays catalan (1970-2000). Jean-Pierre Bonnel et Paul Gérard, Ed. Trabucaires, Perpignan, 2016 (Introduction de Ronald Creagh).
http://www.trabucaire.com/catalogue/essais-assaigs/les-communautés-libertaires-agricoles-et-artistiques-en-pays-catalan-1970-2000-detail

Les giménologues, 11 mai 2018.

Tous les documents et photos évoqués sont disponibles sur demande aux giménologues
On peut aussi les demander au CRAS de Toulouse qui en a bien d’autres : https://cras31.info/spip.php?article485{{

Notes :

[1Sur le parcours d’Henri (avec une photo de la librairie) cf. nos articles https://gimenologues.org/spip.php?article626 et 741

[3Il s’agit de José Juan Martínez Gomez, 25 ans, dit El Rubio, qui sera dénoncé comme tel dans la presse cénétiste en juin 1978. Il avait participé à l’attaque commando avec prise d’otages de la Banque centrale de Barcelone le 25 mai 1981, 37 heures durant. Il défrayera la chronique perpignanaise dans une série d’articles parus dans L’Indépendant les 27 et 29 mai 1981 : « Anarchiste à Perpignan, agent double en Espagne », et « El Rubio pisté », qui mettront en évidence que cet agent provocateur – en rapport avec un réseau au service de l’extrême-droite espagnole de Perpignan – sévissait depuis des années des deux côtés de la frontière.

[4Le Comité Anti-Répression (CAR) était apparu au début de 1977 pour soutenir les insoumis locaux : une manifestation carnavalesque tourna dans le centre de Perpignan en janvier pour appuyer la grève de la faim de Jacques Berton et Noël Gendron.


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