Mini-notices biographiques sur des libertaires italiens internés dans le camp d’Argelès-sur-Mer à la fin de la guerre d’Espagne

dimanche 1er février 2009
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Troisième partie

Mini-notices biographiques sur les 116 Italiens membres du Groupe Liberta o Morte internés dans le camp d’Argelès-sur-mer en août 1939

Frontière pyrénéenne et camps de réfugiés espagnols (janvier-février 1939)
Frontière pyrénéenne et camps de réfugiés espagnols (janvier-février 1939)

Source : article de David Tormo : « Les camps de réfugiés en Catalogne Nord  » in La guerra civil a Catalunya 1936-1939. 2005. Ed 62, Vol 4, p. 201.


Additif à la notice précédente sur PISANI Santiago communiqué par Rolf Dupuy :
PISANI, Senofonte, Argante, Fioravante
Né à Carrare le 4 novembre 1897 – mort le 10 novembre 1978
Boucher - Carrare – Barcelone (Catalogne) – Marseille (Bouches-du-Rhône)
mardi 20 janvier 2009.
Lecteur assidu de Umanitá Nova, Senofonte Pisani était ami avec Gino Lucetti. Après l’attentat commis par ce dernier contre Mussolini le 11 septembre 1926, Pisani, suspecté de complicité, fut arrêté. Libéré le 28 juin 1927, il fut l’objet d’un avertissement par les autorités en 1931 puis assigné à résidence. En 1933 il émigra clandestinement en France et s’installa à Marseille où il fréquenta les réunions d’exilés de la Ligue italienne des droits de l’homme (LIDU). Pendant la guerre d’Espagne il s’occupa du recrutement de volontaires et en hébergea plusieurs dans son domicile marseillais. Fin 1942, les autorités consulaires fascistes signalaient toujours sa présence à Marseille. Senoforante Pisani y est décédé le 10 novembre 1978.
Il y a sans doute identité avec Santiago Pisani qui était parti comme volontaire en Espagne dès l’été 1936.
Sources Dizionario biografico degli anarchichi italiani, BFS, 2004. (Notice de I. Rossi).
Le Libertaire, 4 & 11 novembre 1937 (article de Mohamed Sail sur la répression en Espagne après les événements de mai).

Deuxième additif : MIONE Augusto
Rappel de l’extrait du rapport du 08-02-37 d’un agent de l’OVRA le concernant (notice Ercolani) :
« Sont arrivés à Barcelone Fausto Nitti et Augusto Mione, résidents de Bordeaux. Le second serait ingénieur et entrepreneur de travaux. Ils voulaient créer une école d’élèves officiers d’artillerie ; mais ils sont repartis car ils n’ont pas trouvé l’appui qu’ils espéraient. Par ailleurs le Mione est assez mal vu car il y a quelqu’un qui dit qu’il est un indicateur de la police italienne [Il Mione, fra l’altro, è poco ben visto perchè c’è qualcuno che dice essere un indicatore della polizia Italiana]. »
Éléments trouvés dans le Dictionnaire de la BFS, 2004 , vol. 1, pp. 533, 628 ; vol. 2, pp. 305, 395, 583. Traduits et rassemblés par nos soins :
Mione était ami avec Giuseppe Pasotti, responsable principal de la LIDU de Perpignan depuis 1932. Il résida un temps à Bordeaux où il fréquentait Bruno Quiriconi et Emilio Strafelini [1]. En 1935, Mione possède une entreprise de construction à Argelès-sur-mer où le rejoint un moment Strafelini.
Bien plus tard, à l’automne 1940, Mione fait partie du groupe d’anarchistes italiens arrêtés par les Allemands à Marseille (avec Angelo Diotallevi, Mastrodicasa, Giovanna Berneri, Emilio Canzi), suite à un renseignement de la police mussolinienne. Il sera déporté en Allemagne avec Arturo Buleghin et Silvio Schettini.
Commentaire : Rien ici ne nous indique que Mione travaillait pour une quelconque police ni que ses compagnons se méfiaient de lui ; par contre Strafelini correspondrait assez bien au personnage.
Notices extraites du livre de Giovanni Pesce La Spagna nel nostro cuore. 1936-1939. Éditions de l’AICVAS, Milano, marzo 1996. [2]
On peut également consulter les articles du site de l’AICVAS (l’associazione italiana dei combattenti volontari di Spagna) : www.memoriedispagna.org

ALDIGHIERI Carlo = Aldegheri, 22.2.1902, Colognola ai Colli (VARESE). Cordonnier, socialiste. A émigré en 1924 et résidé en Espagne dès 1932 ; s’est enrôlé dans la colonne alpine de Sabadell. A combattu sur tous les fronts. Après avoir quitté l’Espagne, il est interné à Argelès, et ensuite en 1942 il est assigné à résidence à Ventotene. Il devient ensuite résistant puis est déporté en Allemagne.

AMORINI Carlo = Roberto, 11.6.1900, Mestre (Ve). Manœuvre, socialiste. Passé en Espagne à partir de la France, où il avait émigré en 1923, il a fait partie de la Colonne italienne, avec laquelle il a combattu à Huesca. Après avoir quitté l’Espagne, il est interné à Argelès et Gurs. Traduit en Italie en 1942, il n’est pas assigné à résidence mais seulement soumis à surveillance en raison de sa mauvaise santé.

ARDEMAGNI Massimo, 7.9.1907, Piacenza. Ouvrier. Il s’est déplacé en France, où il avait émigré en 1930 ; en Espagne, il a combattu dans une unité inconnue des Brigades internationales. Après avoir quitté l’Espagne, il est interné à Argelès et Gurs et ensuite, en 1941, il est assigné à résidence à Ventotene.

BAGLIONI Mariano, 30.1.1904, Serra San Quirico (An). Coiffeur, anarchiste. Expatrié en 1926 et résident en Belgique, il s’enrôle le 11 novembre 1936 dans la formation Picelli, qui se fond ensuite dans le bataillon Garibaldi. Blessé à Guadalajara. Ensuite, ayant quitté l’Espagne, il se trouve en France et au Luxembourg, mais il y est arrêté par les Allemands, transmis aux autorités italiennes et assigné à résidence aux Tremiti.

BANDINELLI Rinaldo, 5.1.1900, Broni (Pv). Maçon, anarchiste. A émigré en France à une date inconnue ; il a tout d’abord combattu avec la Colonne Italienne puis avec la brigade Garibaldi et la 26e Division. De retour en France, il est interné à Argelès.

BATELLI Corrado, 8.10.1888, Firenze. Marin, communiste. Arrivé dans l’Espagne républicaine en provenance des USA, où il s’était expatrié en 1922, il a fait partie du bataillon Lincoln. Après avoir quitté l’Espagne, il est rapatrié et assigné à résidence à Ventotene. Par la suite, il regagna les USA.

BELLON Bruno (plutôt que RELLON Bruno) 20.4.1913, Caldogno (Vi). Cuisinier. Juillet 1936, Bataillon Garibaldi, combat à Madrid. Interné à Argelès, il est en 1941 assigné à résidence à Ventotene.

BENUSSI Carlo, 25.10.1883, Zara (Croatie). Coiffeur, anarchiste. Avant d’arriver en Espagne, il vit en France, au Maroc et en Tunisie. Après le déclenchement de la guerre civile, il est en Catalogne, membre du Comité italien anarchiste de Barcelone et aussi dans la Colonne Italienne. Après avoir quitté l’Espagne, il est interné à Argelès et Gurs et ensuite assigné à résidence à Ventotene. Libéré, il est capturé à Trieste par les Allemands et déporté en Allemagne, d’où il ne reviendra pas.

BERTOLA Ernesto = Virgilio ? 30.1.1907, Sarzana (Sp). Anarchiste. [Très jeune, milite dans les groupes anarchistes de la région de Carrare] Expulsé de France [en 1933], où il avait émigré, il vit en Tunisie. Rejoint l’Espagne en juillet 1936, combat avec la Colonne Durruti passant ensuite à la 26e Division. Combat à Madrid et ensuite retourne sur le front aragonais. Blessé par une grenade à proximité du cimetière de Huesca. À la fin 1938, il rentre en France [puis en Tunisie où il construit un groupe anarchiste avec d’autres étrangers. En 1957, il rentre définitivement en France, à Toulon où il meurt en 1993].
[Compléments extraits de la notice de la BFS, vol 1, p. 158 ]

Les Giménologues 26 janvier 2009


[1Né à Rovereto en 1897, mort en 1964 à Trento. Charpentier. Arrêté le 11 novembre 1927 pour un projet d’attentat en Italie contre Mussolini avec les anarchistes Astolfi et Giopp. Condamné à cinq ans. Passe clandestinement en France en août 1933, où il milite à la LIDU. D’août à octobre 1936, il commande trois centuries de la colonne Ascaso sur le front de Huesca, puis officie dans le « Bataillon de la mort » mis en place par Abad de Santillàn et commandé par le colonel Candido Testa, agent de l’OVRA par ailleurs. Il quitte ce bataillon pour désaccord politique en avril 1937. Strafelini rentre en France en même temps que les Brigades internationales. Il fréquente à Paris un militant qui joue le double-jeu, Gino Andrei, et son manque de prudence créera beaucoup d’ennuis à certains de ses compagni. Franzinelli écrit même que ses rapports avec la police furent équivoques (déjà en France en 1933 et aussi en Espagne) et qu’il fut trop facilement manœuvré par les agents de l’OVRA (comme par ce Cremonini Bernardo, infiltré dans le Comitato libertario pro-Spagna et dans l’USI, cet dans le comité de rédaction de Guerra di classe).
Son nom apparaît dans une liste des « subservifs dangereux résidant en France », qui est communiquée aux Allemands en octobre 1940. Strafelini rentre en Italie le 7 novembre 1940, où il est interné et longuement interrogé par la police sur ses fréquentations à l’étranger. Libéré en septembre 1943 du camp de concentration d’Anghiari.
Cf. Franzinelli, pp. 271-73, 383, 404. Cf. aussi la notice de la BFS à son nom.

[2Copies transmises par le CIRA de Lausanne.