Poèmes d’Antoine. Troisième recueil.
Article mis en ligne le 3 mars 2005
dernière modification le 23 juin 2005
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Suite et fin de la totalité des poèmes écrits par Antoine.

La vie s’écoule lentement,
C’est l’heure du départ :
 
Tu t’éloignes doucement
Et ton pas résonne 
Tristement
Tout au fond de mon cœur
 Comme un glas...
 
La vie s’écoule lentement,
 
Comme le ruisseau coule
Vers la rivière et la mer
 
 La vie s’en va calmement
Vers la mort...
Laissant mon cœur plein de tristesse
 Et d’ennui...
 

Voilà le printemps -tout verdoyant, tout fleuri-
Il fait bon promener et rêver,
 
Car rêver ce n’est pas lentement s’écouler l’heure...
 
Rêver c’est vivre, doublement vivre :
Je suis seul
 
Il y a huit jours que l’on s’est quitté,
La chair lasse de volupté...
 
Dans la nuit tiède ton corps s’offrait à mes baisers,
Ames caresses...
Il vibrait comme une harpe éolienne au souffle de la brise.
 
Mes lèvres et mes mains couraient de ta gorge blanche à tes
Seins d’albâtre, tes hanches et tes cuisses nerveuses...
 
Ton rire argentin avait une note plus tendre
Lorsque, surprise par un baiser
Tu me disais : Grand Fou !
 

La nuit est arrivée
Dans l’attente inutile...
 
Cruelle tu m’as oublié
Une douleur subtile
Tourmente ma chair et mon cœur...
 
Seul l’espoir dans mon âme
Garde, d’un possible bonheur,
 
Une faible et vacillante flamme.
 
Où es-tu ? Ma vie, mon amour,
Partie vers d’autres terres
Où le printemps fleurit toujours ?
 
Tu n’as pas pitié de ma misère ?
 
 
 

EN VOYAGE
 
Le train filait rapide et monotone...
Je rêvais d’un combat de nymphes et de faunes
Qui se déroulerait au bord d’un ruisseau...
 
Le bruit des essieux berçait mon cerveau...
 
Blanche était toujours couchée et paraissait dormir :
Tout son corps affirmait le désir de frémir
De l’amoureuse volupté sous la brise divine...
Sa taille était souple, mignonne sa poitrine.
 
Je lui ai caressé les seins, la gorge, les cuisses,
Ma main douce a frôlé le saint orifice...
Avec le plaisir du gourmet qui croque une mangue
J’ai baisé ses lèvres tout en suçant sa langue
Tout mon sang brûlait et ma gorge était sèche...
 
J’ai mordu goulûment sa bouche rose et fraîche
Et, parce que ses jambes ceinturaient mes reins,
Je l’ai prise en lui pétrissant les seins.
 

Depuis que je vous ai vue si belle
Je pense à vous
 
Lorsqu’en passant je fais une touche
En profitant de son émoi, je prends sa bouche
Je pense à vous
 
En calmant, dans une chambre, ses alarmes
Et en découvrant lentement ses charmes
Je pense à vous
 
Lorsqu’elle s’offre nue à mes caresses
Tout en la pelotant des seins aux fesses
Je pense à vous
 
Mais si elle offre à mes baisers son sexe
J’éteins mon désir et freine mes réflexes
Car ce n’est pas vous.
 

A ROSE MARIE
 
Allons, ne soyez pas triste, surtout ne pleurez pas :
Donnez-moi votre main et partons pas à pas
Dans les rues, sur les routes, mêlés à la multitude
De gens indifférents à notre solitude...
 
Ou bien, si vous voulez, dans une pièce bien close,
Vous me direz tout bas les mille et mille choses
Qui ont frappé votre cœur et fait naître la tristesse
Au fond de vos yeux noirs dont le regard me blesse
 
Moi, de ma vie, de mes espoirs, de mes rêves
Je referai pour vous le compte qui s’achève...
 
Allons, ne soyez pas triste, surtout ne pleurez pas
Donnez-moi votre main pour que je guide vos pas
Vers le pays du sourire, des chimères et des rêves
Où la vie est plus douce et lez chagrins moins lourds.
 

Victor Hugo fait dire à un de ses personnages :
“ La mort est le droit de douane que l’on paie à la vie ”.
 
La mort, en réalité, n’est que la fin de la lutte, la libération, la Paix.
 
Ibsen met dans la bouche d’une de ses créatures cette question :
“ Quel crime ai-je commis pour être ainsi condamné ? ”.
et donne cette réponse :
“ Celui d’être né ”.
 
C’est juste : le premier délit qu’une individualité humaine
Commet pour la société pour laquelle il doit vivre est celui de naître.
La société ne devrait pas punie ceux qui ôtent la vie, mais ceux qui la donnent.
 

J’ai vu un clochard étalé au bord d’un trottoir,
Il chantonnait un vieux refrain,
Une quille de gros rouge à côté,
 
Il était saoul,
 
Il était heureux
 
 
Car il était libre.
 

Alors c’est fini ! Juliette tu es fâchée
Tu me reproches, Mignonne, de ne t’avoir pas aimée.
Mais, jamais entre nous on n’a parlé d’amour.
Moi, je te disais : ” Tu es belle, Juliette, tu me plais ! ”
Toi, tu aimais le plaisir que je pouvais te donner...
Notre aventure ne devait durer plus qu’un jour.
Jamais, dans nos transports on n’a parlé d’amour.
Ce que tu aimes, mon petit, ce sont les baisers
Dont je couvrais ton corps et dont tu te grisais,
C’est la morsure d’une lèvre à la pointe du sein,
Le contact d’une main crispée sur tes reins,
C’est la langue qui courait de ta nuque à tes fesses,
Ce sont les baisers imprévus, les étranges caresses...
Ce sont les instants passés en érotiques combats
D’où nous sortions, tous deux, vainqueurs et si las
Et pourtant satisfaits et si contents de nous ...
 
Voilà ce que tu aimes. Voilà ce dont un jour
Tu te souviendras. Ayant oublié mon visage
Tu diras : ” A ma beauté il a su rendre hommage,
Il a su troubler ma chair et me faire jouir
Puis disparaître avant d’avoir tué le désir ”.
 

Je suis une veille maison vétuste, délabrée,
Pleine de cauchemars, de rêves envolés.
De tous mes murs lézardés suinte l’ennui...
Le soleil se cache... arrive le nuit.
 
La lune m’éclaire de sa lumière blafarde...
Je vois, vers moi, avancer la camarde
Fiancée éternelle que tout être vivant
Attend ici, sur terre, impavide ou tremblant...
 
Viens, toi que j’attends depuis mon premier âge,
Toi que, dans ma jeunesse faite de révolte et de rage,
J’ai cherchée au travers des villes et des campagnes
Depuis la verte Italie aux hauts plateaux d’Espagne.
 
Prends-moi dans tes bras, O Mort égalitaire,
Et rends-moi à la terre... à la terre ma mère.
 
 



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