L’enfance de Bruno par lui-même

dimanche 6 mars 2005
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Où Antoine Gimenez raconte une partie de son enfance en Italie, lorsqu’il se nommait encore Bruno Salvadori.

ENFANCE

 Pour les amateurs des théories freudiennes, qui essayeront plus tard de chercher les raisons profondes de ma façon de concevoir la vie et les causes secrètes de mes actes, je me dois de leur donner quelques renseignements sur mes origines. Je reconnais à priori que ce que je sais ne leur servira pas à grand-chose.

 Mon arrière-grand-père, un curé qui exerçait son mandat dans une petite paroisse italienne, remarqua entre ses ouailles une belle et jeune dévote ; Il aurait pu, comme beaucoup d’autres, se contenter de lui donner le Bon dieu dans son presbytère et la marier avec un brave paysan qui aurait été fier d’être le père des enfants de son curé, comme Joseph fut le père du fils du Seigneur. Mais, poussé par le complexe atavique de la propriété, il l’a voulue pour lui tout seul. Il jeta la soutane aux orties, et emmena la fille. Comme il n’était pas complètement idiot, il s’était fait le raisonnement suivant : je suis prêtre, ma mère est l’Eglise, donc très très riche, moi je suis très très pauvre. Je ne sais comment il goupilla l’affaire, mais avant de quitter la paroisse avec sa Dulcinée, lui était plein aux as et sa mère l’Eglise un tout petit peu plus pauvre ; ça ne la poussa pas à la faillite et lui permit à lui d’élever dix enfants.

 Mon grand-père était un gros fermier, comme il faisait travailler sa terre par les autres, il avait pour passer son temps deux occupations : jouer au baccara et courir les jupons. Si je dois croire les qu’en-dira-t-on du village ou il habitait avec mes oncles et mes tantes de la main gauche, il fit tant et si bien que lorsqu’il rendit son âme, il avait fait fondre à la chaleur conjuguée des lustres du casino et des fesses de Vénus toute sa fortune, et ses enfants furent obligés de gagner leur pain à la sueur de leur front. Nantis d’une solide culture et de différents diplômes, les vicissitudes de la vie les séparèrent.

 J’avais quatre ans quand la guerre 14-18 éclata. Le seul souvenir qui me reste de ma toute première enfance est une vue marine : quand j’étais gosse, il suffisait que je ferme les yeux pour me revoir dans les bras de ma mère sur une plage, pas très loin d’une barque échouée, et sur l’eau des bateaux aux voiles multicolores. Ma mère m’a dit un jour que lorsque j’avais trois ou quatre ans, j’allais avec elle sur la plage d’un village de pêcheurs calabrais, car on habitait là. Mon père travaillait dans la ville voisine.

  Mais mes souvenirs prennent vraiment de la netteté vers huit-neuf ans. Les jours de classe, les heures passées sur les cahiers et les vacances. Les vacances que j’allais passer à la campagne dans la famille de ma mère. Mon oncle était métayer, sa maison se composait de deux chambres, d’une cuisine, d’un grenier et d’un appentis qui servait de débarras, d’une cave immense, et des étables qui abritaient une paire de bœufs, quatre génisses, une vache laitière et mes trois cousins. Car il n’y avait pas de place pour eux dans les chambres, occupées une par mon oncle et ma tante, l’autre par ma mère et ma grand-mère. Moi je dormais chez les voisins qui n’avaient que deux filles : Orinetta et Maria. Mon oncle avait été réformé et n’était pas parti à la guerre mais son voisin et ami avait été appelé en 14. Fait prisonnier, il se morfondait en Autriche. En attendant, mon oncle devait s’occuper, bon voisinage oblige, de sa terre et de sa femme.

 Orinetta avait dix-sept ans environ et c’est avec elle que je passais mes nuits. Maria dormait avec ma mère. Orinetta m’aimait beaucoup, on dormait enlacé comme deux amoureux. Tous les samedis soirs elle me donnait un bain. Après elle me couvrait de caresses et, après m’avoir embrassé partout, elle prenait mon petit oiseau et mes billes dans sa bouche tout en saisissant ma main pour la mettre entre ses cuisses. Moi, je me laissais faire, j’étais content, la peau de la fille était si fine et si douce, si chaude surtout entre ses jambes, que lorsque je retirais ma main, elle était toute mouillée. Moi je croyais alors qu’elle transpirait beaucoup à cet endroit-là.

  Sept, huit, neuf ans, la guerre est finie, mon père est de retour, on quitta la ferme et me voilà dans une grande école à Livourne*. Mon père a repris le poste qu’il avait avant la grande boucherie. La société qui l’emploie l’envoit reconstruire les routes et les ponts détruits par la guerre. A cause de mes études, nous ne pouvons pas le suivre. Nous irons le rejoindre pendant les vacances. Mes yeux s’ouvrent lentement à la vie. Je regarde autour de moi. Ma curiosité s’éveille. L’école où je suis est mixte, garçons et filles dans la même classe. Pendant que l’on attend de rentrer, on s’amuse à mettre la main aux fesses des filles ou sous leurs jupes. Elles partent en criant qu’on leur fait mal, nous on rit. Je commence à lire en cachette certaines revues où il y a des femmes nues, je lis le mémoire de Jacques Casanova .

 Le fascisme monte et la misère se fait toujours plus grande en Italie. Un jour, en allant à l’école avec un groupe de copains, nous vîmes une des filles de notre classe entourée par trois ou quatre individus qui criaient :

 - la purge, huile de ricin !

 La gosse était la fille d’un élu socialiste, les garçons étaient des chemises noires. Ce ne fut ni par esprit chevaleresque, ni par conviction politique -j’avais douze ans environ- mais tout simplement parce que la fille étudiait dans la même classe que nous. Je ne me souviens plus de ce que l’on s’est dit, on a posé contre le mur nos cartons à dessin, après en avoir sorti la règle ; Des règles plates en hêtre de 80 cm de long et 5 ou 6 de large, et l’on se jeta dans la bagarre. Ils ne nous attendaient pas. Surpris, ils lâchèrent leur proie qui s’enfuit à toutes jambes. Mes amis en firent autant et moi, je me trouvai tout seul, accoudé contre un mur avec devant moi ce qu’il me parut alors une phalange entière d’avant-gardistes armés de manganelles**.Des coups de feu, ma règle cassée par un coup de matraque, le vrombissement d’un moteur, encore des détonations, une douleur atroce à l’épaule...

  Lorsque je repris connaissance, j’étais couché dans un lit de camp. Deux femmes me regardaient en souriant. Celle qui paraissait plus âgée m’embrassa en disant :

- tu nous as fait peur !

 J’avais horriblement mal à la tête et mon épaule gauche était serrée dans une armure de bandages. Quelques instants après un monsieur d’un certain âge avec une barbiche entra. Je le regardais surpris. C’était Errico Malatesta. Malatesta, l’apôtre de l’Anarchie. Je l’avais déjà vu quelques mois avant avec un groupe de grands de mon école ; c’était des Anarchistes qui m’avaient sorti des griffes des chemises noires. Il me rassura sur mon sort. A part une bosse que j’avais à la tête et un coup de matraque à l’épaule, pas grave mais douloureux, je n’avais rien d’autre. Pendant que l’on bavardait, Lucie arriva. Lucie était une très jeune femme du même village que ma mère, mariée à un représentant, elle habitait Livourne. Depuis son mariage, lorsque son mari était absent, elle passait ses journées chez moi, où elle se trouvait lorsqu’on avait prévenu ma mère.

 Entre Lucie et une jeune fille, escortés discrètement par quelques garçons et filles libertaires, je fus reconduit à la maison. Maman était très calme, je m’attendais à un savon monstre. J’avais très peur de la voir pleurer ou seulement triste... Francesca, la jeune libertaire qui m’accompagnait lui dit :

 - Signora, pùo essere fiera di suo figlio .

 - Je le sais ! dit ma mère, ses copains sont venus prendre de ses nouvelles, ils m’ont tout dit juste après que vous soyez partis le chercher avec Lucie.

 Depuis ce jour là, ma vie changea. Je passais le temps libre que mes études me laissaient à lire des brochures, le jeudi et le dimanche, et à écouter les discussions de mes nouveaux copains, les anars : Malatesta, Gori, Kropotkine, Reclus, Bakounine, brochures, journaux, livres. Tout y passa. Un idéal petit à petit se dégagea, fait d’aspirations intuitives, de préceptes acquis : Amour, Liberté, Droit au bonheur, Produire pour avoir le droit de consommer, Fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. Ma mère, pour me soustraire à une éventuelle expédition punitive, me faisait coucher chez Lucia lorsque son mari n’était pas chez lui. Pour justifier mon absence à l’école, elle avait écrit au directeur que j’avais fait une chute dans l’escalier, et fait porter le billet par un de mes copains d’école qui l’avait remis au professeur d’histoire Mme Bellucci del Villa. Ce professeur avait une fille professeur elle-même dans un autre lycée et qui avait été témoin impuissant des échauffourées. Ce vieux professeur avait pour habitude de se faire apporter les cahiers d’histoire pour les corriger chez elle par un élève.

  Un jour, ce fut mon tour. Sa fille vint m’ouvrir mais, après m’avoir regardé, au lieu de prendre le paquet et de me laisser partir, elle me dit de monter. Mme le professeur avait quelque chose à me dire. La vieille n’avait rien à me dire à ce moment-là, mais six minutes après elle avait surtout beaucoup de choses à me demander. Si c’était vrai que j’étais sur la place Cavour le 1er avril ? Qui étaient ceux qui m’avaient enlevé ? Moi je riais tout en répétant que j’étais tombé dans l’escalier. Mais j’avais tort de me méfier. En voyant que je m’en tenais à ma version, la fille -j’ai oublié son nom- se leva et dit :

 - C’est bien, tu as raison de te taire, mais moi et ma mère on a confiance en toi, viens.

 Elle me conduisit dans une chambre et me montra un portrait entouré de rubans noirs ; elle me dit :

 - C’est, mon frère, il est mort ce jour-là à Milan, tué par les chemises noires, il était socialiste, moi aussi, voilà la carte du parti.

Les larmes coulaient sur le visage du vieux professeur qui regardait la photo de son fils. On retourna dans son bureau. Troublé par les pleurs de cette vieille femme, je racontai mon exploit... Une fois certaine que sa fille ne s’était pas trompée en me reconnaissant, elle prit contact avec ma mère et il fut décidé que les jours où il n’y avait pas cours, le matin ou l’après-midi, j’irais passer deux heures chez elles pour rattraper le retard que j’avais dans le calcul et le dessin. Il faut que je reconnaisse que dans ces deux matières, j’étais vraiment nul. Sa fille me donnerait les leçons. J’écris tout cela parce que cela explique pourquoi, un matin de juin, j’étais chez ma répétitrice. Il faisait chaud. Elle vint ouvrir habillée d’une robe de chambre largement échancrée, retenue à la taille par une ceinture. Nous commençâmes de suite à travailler, elle à son bureau, moi à une petite table en face d’elle. Le peignoir avait glissé et laissait exposé à mon regard une paire de cuisses légèrement ouvertes que les rayons du soleil pénétraient par la porte-fenêtre du balcon qui, derrière moi, éclairaient violemment. J’avais déjà touché, caressé le sexe d’une femme mais je n’en avais jamais vu. Orinnetta couchait avec sa longue chemise de nuit. Ce triangle renversé, sombre, avec au milieu une légère fente rose foncé me subjuguait au point que je ne pouvais pas en détacher mon regard...

- Bruno, ai finitto ?

- Si Signorina !

Elle avait été obligée de répéter deux fois la phrase, et, suivant mon regard, se rendant compte de la raison de ma distraction, remit son peignoir en place.

- apporte ton cahier ! ».

Dans ma naïveté, je croyais qu’elle ne s’apercevrait pas que j’avais quelque chose entre les jambes qui s’était réveillé après un sommeil de douze ans et six mois. Je devais être rouge comme une pivoine.

 - Viens ici, pas de ce côté ci, à côté de moi.

 J’obéis malgré la crainte d’un savon. Je continuais à bander. Elle me serra contre sa poitrine en me disant :

- Quel âge as- tu ? douze ans et demi ? tu es trop jeune pour être déjà un homme, et pourtant !

En parlant, elle avait déboutonné ma braguette et ma verge avait jailli. Pendant qu’elle frôlait légèrement mes couilles, moi j’avais avancé ma main vers son vagin, mais elle m’arrêta.

 - Non mon petit, pas encore, pas aujourd’hui. - Ecoute-moi chéri, il ne faut pas que tu te masturbes, ça ce n’est pas bon pour la santé !

 En parlant elle avait rentré la chose dans l’ordre, si j’ose dire, et m’avait fait asseoir sur ses genoux . J’ai eu droit à tout un sermon sur les dangers qu’un garçon de mon âge, et précoce comme moi, courait en cherchant à jouïr en solitaire, et me conseilla de recourir à l’eau froide si parfois je bandais trop fort la nuit. Elle me donna aussi les premiers préceptes de discrétion : si une femme ou une jeune fille était gentille avec moi ,il ne fallait pas que je me vante car elle serait déshonorée pour le monde. Moi, intéressé par le sujet, je lui posais des questions. Elle me répondait et, lorsque je repartis, j’avais enregistré la plus complète leçon théorique d’éducation sexuelle. Je ne devais plus la revoir, elle fut obligée de quitter la ville pour je ne sais quelle raison.

  L’année scolaire terminée, nous partîmes rejoindre mon père à San Donà di Piave***. Je préfère ne pas parler de ces vacances-là : le village et ses environs avaient été le théâtre de combats horriblement meurtriers. Le pont de chemin de fer avait été dynamité, le village détruit, et sur les berges du fleuve on trouvait encore des ossements et des squelettes au milieu des ronces et des taillis. Je passais mon temps en allant avec des gamins du village manger des mûres le long de la digue, ou à rechercher des douilles d’obus qui pouvaient encore traîner par-ci, par-là dans les bois...

  Oui, il faut quand même que je parle de ces vacances. Je ne voulais pas, et pourtant il le faut.

On avait décidé d’aller à quatre ou cinq kilomètres en amont du fleuve fouiller les berges, à cet endroit très escarpé et dominé par un chaos de rochers. Au bord de l’eau il n’y avait rien. On décida de grimper sur les rochers. Les ronces et les arbustes avaient poussé dans les trous et les anfractuosités. On trouva des douilles. Les plus grands, armés de serpes et de hachettes, dégagèrent le butin. Les plus jeunes entassaient les trouvailles dans un endroit où les parents pouvaient venir les chercher si elles étaient trop lourdes pour que l’on puisse les rapporter au village.

- Venez, venez ! j’ai découvert une caverne !cria un grand qui achevait d’abattre un buisson de ronces au pied d’une grande roche qui s’élevait en surplomb sur le bord du fleuve...

 Les rayons du soleil couchant éclairaient cette cavité du rocher. Deux squelettes étaient étendus côte à côte, les casques qui recouvraient leurs crânes nous indiquaient leurs nationalités : un Italien et un Autrichien. Le plus âgé d’entre nous s’approcha et, après avoir bien observé les macabres restes, se pencha et détacha deux objets qu’il me donna en disant :

 - Tiens, tu les remettras à M. le curé !

C’était deux médailles retenues par deux chaînettes en métal qui avait dû être doré. Elles représentaient le même visage de femme et la même inscription latine « Mater dolorosa » et au verso « Mère de Dieu priez pour nous » en italien et en autrichien...

  Sur le moment, je n’ai pas prêté attention à la similitude des deux médailles, distrait par le va et vient de mes copains qui s’affairaient autour des ronces coupées pour faire une bonne dînette de mûres. Je me joignis à eux, joyeux d’avoir fait une bonne moisson de douilles que les parents viendraient chercher, et qui nous rapporterait quelques pièces d’argent pour nous amuser et nous gaver de bonbons à la prochaine foire.

  En rentrant à la maison, mon père me passa un bon savon pour être parti si loin et si longtemps. Il n’aimait pas que j’aille chercher les douilles car c’était dangereux à cause des obus non explosés qui pouvaient éclater si on les manipulait . Il avait raison, car les paysans avaient été tués en labourant leurs champs, le soc de leur charrue ayant heurté un de ces projectiles enfouis dans la terre.

 Ce n’est qu’en vidant mes poches que je me suis souvenu des deux médailles. Le curé ne viendrait que dimanche de la bourgade voisine. En me réveillant, une question s’imposa dans ma tête : pourquoi cette mère d’un dieu qui, selon ceux qui croient en lui, est infiniment puissant et infiniment bon, a-t-il permis que ces deux êtres humains, nés de deux pays différents, qui ne se connaissaient pas, qui avaient peut-être un père et une mère, des enfants, une femme puissent se battre et mourir loin des leurs ? pourquoi...?

 Avec mon imagination d’enfant, je voyais une foule d’enfants, de vieillards, de femmes qui pleuraient, gémissaient en criant, appelant ceux qui ne reviendraient plus. Ils n’étaient plus que des squelettes que recouvraient la plaine et les pentes boisées des Alpes...

En rentrant dans ma chambre, ma mère m’arracha de mon cauchemar.

- Tu ne viens pas déjeuner ? Elle vit mon visage bouleversé, mes yeux embués de larmes.

 - Qu’est ce que tu as ? tu es malade ? Elle me toucha le front - Tu n’as pas de fièvre ?

J’ouvris ma main et, en me serrant de tout mon corps contre elle, je lui demandai :

 - Pourquoi ? dis-moi, Maman, pourquoi ces deux morts, un Autrichien et un Italien, avaient la même médaille au cou ? Ils priaient la même madone, et ils se sont peut-être tués, sans ce connaître, sans s’être jamais vus auparavant ? Pourquoi Dieu et la Ste Vierge ont-ils permis cela ?

FIN

 

*Livourne :

C’est en 1577 que Livourne fut fondée par les Médicis comme cité idéale. Les chroniques de l’époque évoquent fréquemment les vastes dimensions de ses rues et de ses places, la lumière méditerranéenne de ses journées, son doux climat et l’amabilité de ses habitants. De nos jours encore personne n’échappe au charme particulier de cette ville. Avec ses 200.000 habitants Livourne est aujourd’hui un grand centre portuaire et commercial moderne. Son port n’est plus uniquement un centre important de transbordage de marchandises mais également le point névralgique d’un important réseau de communications avec les îles de la Sardaigne, la Corse, l’Elbe et la Sicile. Livourne est peut-être la plus bigarrée et la plus vitale des villes toscanes. La rue "Grande" avec ses arcades et ses boutiques élégantes invite à de nombreuses promenades. Il faut voir absolument le Marché "Nuovo", un énorme marché couvert aux entretoisements de fer et de verre. On y trouve surtout du poisson ainsi que tous les produits de la cuisine italienne.

**Manganelle :

matraque faite à partir d’un manche de marteau avec une dragonne.

***San Donà di Piave :

L’histoire de San Donà est liée à la seigneurie de Venise dont elle fut longtemps possession. A la fin du XVe siècle, elle passa aux mains de quelques grandes familles locales qui participèrent à son développement et à son épanouissement. De ce passé historique, il ne reste, hélas, aucun témoignage architectural. La ville fut, en effet, entièrement détruite en 1917-18, lors de l’ultime offensive austro-hongroise. Reconstruite dans les années 1920, San Donà offre l’aspect moderne d’une ville très aérée avec ses grandes avenues, ses larges perspectives et ses nombreux espaces verts. Les bombardements de 1944 l’ont à nouveau endommagée et ont, en particulier détruit le pont sur le Piave - le fleuve qui traverse la ville - pont déjà détruit au cours des intenses et meurtriers combats dont il fut l’enjeu. C’est pourquoi le souvenir du "fleuve rouge du sang des combattants" (plus de 200 000 morts) reste à jamais gravé dans la mémoire de chaque habitant pour qui le Piave sera toujours "le fleuve sacré".

Lien du musée de San Donà di Piave. Galerie de photos de la guerre de 14.