Perplexité intempestive nº2 (et quelques certitudes) la veille du 1er Octobre

dimanche 1er octobre 2017
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Ce n’est plus le moment de disserter sur les facteurs qui ont conduit à la situation présente, qu’il suffise de rappeler que figurent parmi eux : l’irritation tout à fait justifiée d’une bonne part de la population catalane contre le gouvernement du Parti Populaire, une série de griefs qui indignent cette population, mais aussi la constante et prolongée excitation de la fibre nationale moyennant le strict contrôle des télévisions et radios publiques catalanes par le gouvernement catalan, à quoi il faut ajouter la ferme volonté d’acceder à de plus grandes portions de pouvoir qui caractérise des élites politiques et économiques fascinées par la perspective de devenir un État.

Ce qu’exige plutôt le moment actuel, à partir d’une perspective libertaire, c’est plutôt une réflexion sur les stratégies et les positions que développe une partie du secteur anarchiste et du mouvement libertaire bien plus ample dans lequel il se trouve inséré. Je dois avouer que cette réflexion accroît ma perplexité en même temps qu’elle m’incite à réaffirmer quelques certitudes ancrées dans la mémoire libertaire des luttes.

La perplexité devient inévitable lorsque l’on contemple le lent cheminement qui part d’une franche sympathie, et même d’une implication, dans le multi-référendum qui revendiquait “le droit à décider sur tout” (et qui fut réprimé par la police catalane en Mai 2014) et qui débouche sur l’appui à un uni-référendum qui ne contemple que le droit à décider sur la question nationale.

La perplexité devient inévitable lorsque l’on contemple l’imperceptible glissement qui mène de l’appel à la mobilisation populaire, chose que l’on ne peut qu’appuyer, à celui d’aller aux urnes et à participer au référendum. Perplexité car, quel est l’objectif ? Que se produise une grande mobilisation contre le Gouvernement et son appareil répressif, ou bien que les urnes soient pleines ? La force de la mobilisation se comptera en nombre de bulletins dans les urnes ou bien en termes du nombre de personnes dans la rue et de leur détermination à lutter ?

Il est vrai que le nerf de la contestation populaire prend actuellement la forme de la défense des urnes (le « droit de voter » dans ce référendum et l’exercice factuel de ce droit en allant « voter »). Cependant est-il nécessaire depuis une position anarchiste d’appeler au vote, et même de s’intégrer les Comités de Défense du Référendum afin de se connecter avec la protestation populaire et tenter de la radicaliser ? Ne peut-on faire face à la répression, avec la population, sans légitimer pour autant un référendum qui oppose deux gouvernements soutenus l’un et l’autre par une partie de la population ? Faut-il crier « Votarem » (nous voterons) au lieu de « nous résisterons » ou même « nous vaincrons » pour pouvoir participer légitimement à la mobilisation ?

Le choix ne se pose pas en termes de « ne rien faire » ou bien « défendre les urnes ». L’alternative ne se situe pas en termes du faux dilemme « prendre parti » pour ceux qui défendent le référendum ou demeurer en marge de la lutte. Il est clair que lutter contre le capitalisme et l’Etat, même dans les circonstances actuelles, est tout à fait compatible avec le refus de grossir les rangs de ceux qui se situent sous un drapeau national et qui répondent à l’appel d’un gouvernement, de ses parlementaires et de sa police.

« La légalité tue » nous rappelle Santiago Lopez Petit dans un intéressant article (« Prendre partit en una situacio estranya » www.elcritic), tout à fait d’accord, mais c’est aussi ce que fait la légalité dont se réclame « l’acteur nécessaire » et principal créateur du référendum, c’est à dire le gouvernement catalan. Défier et faire sauter dans les airs la légalité espagnole est une chose de grande valeur (…si cela advient finalement, au-delà des fissures qui se sont déjà produites), mais cela perd de sa valeur si c’est grâce à la couverture offerte par une autre légalité instituée, et même si l’on parie de la faire sauter elle aussi dans les airs après l’avoir acceptée et confortée dans le moment présent. Ne serait-il pas plus cohérent de ne pas contribuer à la renforcer dans l’immédiat et commencer à la miner dés à présent en désobéissant son exhortation à se rendre aux urnes ?

Il est, bien entendu, impossible de prévoir le dénouement du coup de force dans lequel s’est engagé le gouvernement catalan. Que peut-il se passer dimanche 1er octobre et les jours suivants ? Nul ne peut le savoir. Ce qui est sûr c’est que le gouvernement du Parti Populaire est déjà notablement affaibli aussi bien au niveau international qu’en Catalogne, et aussi dans certains secteurs de l’opinion publique espagnole qui sont, heureusement, sensibles aux mesures répressives. Ce qui semble également clair c’est que – pour tendue que soit la situation le dimanche soir et le lundi 2 octobre avec l’éventualité que les députés indépendantistes s’enferment dans le parlement, et que se produise l’occupation d’espaces publics dans le style de la place Maidán (en moins sanglant !) – il s’ouvrira un espace pour calmer le jeu, baisser la tension, « rétablir l’ordre » et permettre le début d’une négociation entre les deux Gouvernements à partir des positions de force que l’un et l’autre auront atteintes.
Une négociation pour satisfaire les revendications des syndicats qui ont convoqué une grève générale pour le 3 octobre ? Les conditions pour une telle chose ne sont pas réunies, car le scénario principal n’est pas celui d’une lutte dans le monde du travail, ni dans le cadre de la lutte de classes. Sauf si des morts se produisent dimanche et que la grève générale se généralise en réponse à cela, l’entrée de la CGT et de la CNT dans la bataille du référendum n’aura servi que la cause indépendantiste, et pas du tout celle des travailleurs.

J’espère me tromper. Mais là ou je crois ne pas le faire c’est en pronostiquant que le nationalisme espagnol se renforcera à partir des événements actuels, ce qui non seulement pourrait donner des ailes à l’extrême droite, mais pourrait aussi assurer une importante victoire du Parti Populaire s’il convoque des élections générales à court terme. Je ne sais pas si la certitude que le nationalisme catalan se verra également renforcé peut être d’une quelconque consolation pour les libertaires, mais…

Avec le plus grand respect pour les camarades qui ont une autre analyse tout aussi légitime que celle que je développe ici, il me semble que si, finalement, ce pronostic s’avère juste, l’erreur due a la perspective à court terme, privilégiée par le secteur de l’anarchisme auquel je me référais plus haut, sera patente.

Tomás Ibáñez
Barcelone 29 septembre 2017
(traduction de Tomás Ibáñez)

Version espagnole mise en ligne sur plusieurs sites le 30 septembre :

Perplejidades nº 2 (y algunas certezas) en vísperas del 1º de Octubre.

Ya ha pasado la hora de disertar sobre los factores que han conducido a la situación actual, entre los cuales figuran sin duda un justificado cabreo de buena parte de la población catalana contra el gobierno del PP, una serie de indiscutibles agravios con sus correspondientes indignaciones, pero, también, la constante y prolongada excitación de la fibra nacional mediante el férreo control de las televisiones y radios públicas catalanas, sin olvidar, tampoco, la fuerte voluntad de acceder a un mayor grado de Poder por parte de unas élites políticas y económicas fascinadas por la perspectiva de convertirse en Estado.

Lo que requiere el momento actual, desde una perspectiva libertaria, es más bien una reflexión sobre las estrategias y los planteamientos en los que se ha adentrado una parte del sector anarquista, y del conglomerado libertario muchísimo más amplio en el que se encuentra incluido. Y confieso que esa reflexión me provoca una creciente perplejidad, a la vez que me conduce a reafirmar algunas certezas ancladas en la memoria libertaria de las luchas.

La perplejidad es inevitable cuando se observa como se transita paulatinamente desde una obvia simpatía, y hasta una participación, en el multi-referéndum vinculado al “derecho a decidir sobre todo” (por cierto, reprimido por la policía del Govern en Mayo del 2014) al apoyo a un uni-referéndum que solo contempla el derecho a decidir si se expresa en clave nacional.

La perplejidad es inevitable cuando se observa como se produce un imperceptible desliz desde el hecho de llamar a la movilización, cosa harto positiva, a llamar a acudir a las urnas y a participar en el referéndum. Perplejidad porque, ¿cual es el quid de la cuestión, y cual es el objetivo ? ¿ Que haya una gran movilización contra el Gobierno y sus aparatos represivos, o bien que se llenen las urnas ? ¿Acaso la fuerza de la movilización se establecerá en base al numero de papeletas en las urnas, en lugar de valorarla en función del número de personas en las calles, y, sobre todo en su grado de determinación para luchar ?

Es cierto que el nervio de la protesta popular toma actualmente la forma de la defensa de las urnas (del “derecho a votar” en este referéndum, y del ejercicio factual de ese derecho : “votando”). Pero, desde una posición anarquista ¿acaso es necesario llamar a votar, o incluso integrarse en los Comités de Defensa del Referéndum, afín de conectar con la protesta popular y procurar radicalizarla ? ¿No se puede hacer frente a la represión, junto a la gente, sin legitimar por ello un referéndum que enfrenta a dos gobiernos, respaldados ambos por una parte de la población ? ¿ Hay que gritar “Votarem” en lugar de “Resistirem” o de “Vencerem”, para participar legítimamente en la movilización ?

La alternativa no es la de no hacer nada o bien defender las urnas, la alternativa no se plantea en términos del falso dilema entre tomar partido por quienes defienden el referéndum, o bien permanecer al margen de la lucha popular. Y, desde luego, luchar contra el capital y el Estado, incluso en el momento actual, es perfectamente compatible con negarse a engrosar las filas que se sitúan bajo una bandera nacional, y que son convocadas al amparo de un Gobierno, de sus parlamentarios y de su policía.

“La legalidad mata”, nos recuerda Santiago López Petit en un interesante escrito (“Prendre partit en una situacio estranya” www.elcritic), claro, pero también lo hace aquella legalidad en la que se ampara “el actor necesario” y principal artífice del referéndum, es decir el Govern. Hacer saltar por los aires la legalidad española es algo que resulta extraordinariamente valioso (…si eso de verdad se consigue, más allá de las grietas que ya se han producido), sin embargo, ya no resulta tan valioso si eso se lleva a cabo al amparo de otra legalidad instituida, por mucho que se apueste por hacerla saltar ella también por los aires después de haberla acatado y confortado en el momento presente. ¿ No sería más coherente no contribuir a reforzarla en lo inmediato, y empezar ya a quebrar esa otra legalidad desobedeciendo su exhortación a acudir a “su” referéndum ?

Por supuesto, resulta imposible prever el desenlace del órdago planteado por el Govern ¿ Que puede pasar el domingo y los días siguientes ? ¿Quien puede saberlo ?. Lo que es obvio es que el gobierno del PP ya está ahora mismo notablemente debilitado tanto en la esfera internacional, como en Catalunya, y en ciertos sectores de la opinión pública española reacios, por suerte, a todas las manifestaciones represivas. Lo que también parece probable es que, por muy tensa que sea la situación la noche del domingo y el día 2 de octubre con eventuales encierros de los parlamentarios independentistas en sede parlamentaria y ocupaciones de espacios al estilo de la plaza ucraniana de Maidán (en menos sangriento), se abrirá un espacio para calmar el juego, rebajar la tensión, “restablecer el orden” y posibilitar un inicio de negociación entre los dos Gobiernos, a partir de las posiciones de fuerza alcanzadas por cada uno de ellos.

¿Negociación para atender las demandas de los sindicatos que han convocado la huelga general del 3 de octubre ? No hay condiciones para ello, porque el escenario principal no es el de una lucha laboral ni el de una lucha de clases y, salvo que se hayan producido muertes y que la huelga general se haya generalizado, le entrada de CGT y CNT en esta batalla solo habrá servido la causa independentista, para nada la de los trabajadores.

Ojalá me equivoque. En lo que no creo equivocarme es en el pronostico de que el nacionalismo español saldrá reforzado, lo cual no solo podría dar alas a la extrema derecha sino que también podría asegurar una victoria electoral al PP si se disuelven las cortes en un plazo breve. No sé si la perspectiva de que también salga reforzado el nacionalismo catalán puede servir de consuelo a quienes tienen un mínimo de sensibilidad libertaria. Si ese fuese un pronostico acertado, dicho con todo respecto por los compañeros que tienen otros análisis, tan legítimos como el que aquí se expresa, quedaría patente el error cometido por un sector del anarquismo al adoptar una perspectiva muy, pero que muy cortoplacista.
Tomás Ibáñez
Barcelona 29 de septiembre 2017


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