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Nationalisme, ou Fédéralisme ? D’André Prudhommeaux 1935

Nationalisme, ou Fédéralisme ?
D’André Prudhommeaux
Paru dans Terre Libre N°9-10 - Janvier-Février 1935

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« Ni Catalunya Ni España. Textes épars sur la question catalane »

réalisé par La Sociale de Montréal

Nationalisme, ou Fédéralisme ?
D’André Prudhommeaux
Paru dans Terre Libre N°9-10 - Janvier-Février 1935

La presse marxiste reproche aux anarchistes d’Espagne leur trahison envers la cause du « nationalisme catalan », qui parait-il a été vaincu par leur faute.
A cela, deux choses sont à répondre. La première, que la cause nationaliste n’a et ne saurait avoir aucun rapport avec l’émancipation humaine que poursuivent les anarchistes. La seconde, que cette cause, en ce qui concerne les « nationalités » (catalane et autres) appartient à une politique morte-née, dont on consent encore à vivre, mais pour laquelle nul ne veut plus mourir.

LA DUPERIE NATIONALISTE

Qu’est-ce que le nationalisme ? La revendication du droit à constituer un Etat national séparé. Est-ce que la constitution d’un Etat catalan pouvait alléger en quelque mesure que ce soit le fardeau de l’exploitation et de la crise sur les épaules des travailleurs ? Est-ce qu’elle pouvait diminuer le nombre des parasites sociaux, ouvrir de nouveaux débouchés, ou accroître les libertés civiques ? Non, tout au contraire : une nation catalane aurait été infailliblement vassalisée, "portugalisée" par l’impérialisme étranger. Qu’on songe au sort de Cuba, des Philippines, qui se sont donnés un Etat national, et sont tombés dans un esclavage d’autant plus profond qu’il affectait des formes plus hypocrites. En perdant le marché intérieur espagnol, le textile catalan serait tombé dans une situation quasi-coloniale vis-à-vis de la finance française et la bourgeoisie catalane n’ignore pas les restrictions que cette situation comporte. D’autre part, en réalisant le programme "national" des fascistes de l’Esquerra, le prolétariat et la paysannerie catalans auraient rivé à leurs pieds le boulet d’une autorité d’autant plus intolérable qu’elle eût été plus proche, plus totale et moins contrebalancée par le jeu des oppositions de partis.
A qui le nationalisme catalan pouvait-il profiter, matériellement ou moralement ? A personne, sauf aux gouvernants mêmes de la Généralité, à qui Madrid semblait disposé à tendre l’oreille, et qui auraient trouvé là un moyen unique de sauvegarder leurs prébendes, de renforcer leurs privilèges et d’accroître leur parasitisme. De fait, on a vu le mouvement nationaliste du mois d’Octobre prendre la forme d’un pronunciamiento de tous les mercenaires particuliers de la Generalidad (Escamots, Gardia d’Assalto et Mozos de Escuada). Cela dura jusqu’au moment où la partie s’avérant perdue par le passage du général catalan Batet dans le camp du gouvernement espagnol, tous ces messieurs tournèrent casaque et s’empressèrent de capituler sans même chercher à sauver les apparences.

Voir la suite sur le site qui met à disposition tous les numéros de Terre Libre :
http://archivesautonomies.org/spip.php?article3219

André P. commentait les événements du 6 octobre 1934, le soulèvement avorté des catalanistes, dont la CNT ne se mêla pas.

Sur cette affaire, on pourra se rapporter à la première page du porte-voix des anarchistes espagnols : Tierra y Libertad du 11 octobre 1934 :

« Le dilemme n’est pas : gouvernement des droites ou gouvernement des gauches, mais : république bourgeoise ou communisme libertaire »

Extrait de l’encadré de soutien aux prisonniers d’octobre 1934 :

« Que les ouvriers entraînés par l’Alliance Ouvrière à la remorque de la politique de Companys et Dencás , et qui paient actuellement les conséquences de leurs crédulité et bonne foi, sachent qu’ils peuvent compter sur la CNT et la FAI, là où se trouvent leurs frères en exploitation, dont ils n’auraient pas dû s’écarter pour favoriser inconsciemment les ambitions de politiciens sans scrupules. »

Companys fut emprisonné, lers frères Badia se réfugièrent en France, et Dencás chez Mussolini...

cf.http://www.cedall.org/Documentacio/Premsa%20Llibertaria/tierra%20y%20libertad/19340000/00176.pdf

Les Giménologues, 25 septembre 2018.


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