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Revolution and the State. Anarchism in the Spanish Civil War, 1936-1939 de Danny Evans
Traduction de l’introduction par les Giménologues
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Revolution and the State. Anarchism in the Spanish Civil War, 1936-1939
Danny Evans

Nous avons le plaisir de signaler la parution d’un ouvrage très intéressant portant sur les débats ayant opposé les secteurs radicaux de l’anarchisme espagnol aux "comités superiores" de la CNT et de la FAI durant ce qu’il est convenu d’appeler la guerre civile. Il est signé Danny Evans, s’intitule Revolution and the State. Anarchism in the Spanish Civil War, 1936–1939, et a été édité en 2018 chez Routledge.
Il est bien sûr en anglais, mais nous proposons la traduction française de l’introduction, qui donnera une idée de son contenu.
Souhaitons qu’un éditeur français se charge d’en publier une version française.

À titre de mise en bouche, nous livrons ci-dessous la traduction de la présentation figurant en tête de l’ouvrage :

« Cet ouvrage analyse les processus révolutionnaire et de reconstruction de l’État qui se déroulèrent dans la zone républicaine pendant la guerre civile espagnole. Il se concentre sur les anarchistes radicaux qui cherchèrent à promouvoir l’agenda révolutionnaire. Leur activité entra en conflit avec les dirigeants des organisations libertaires engagées dans la reconstruction de l’État républicain après son quasi effondrement en juillet 1936. Ce processus impliqua la participation non seulement aux organes de gouvernement mais aussi à la reconstitution idéologique de la République en tant qu’entité patriarcale et nationale. À partir de sources originales, l’ouvrage montre que l’opposition à ce processus fut à la fois plus large et plus cohérente sur le plan idéologique qu’on ne l’a supposé jusqu’à maintenant, et que, malgré son hétérogénéité, elle s’est regroupée autour d’un programme révolutionnaire commun. Cette résistance à la reconstruction de l’État s’appuyait sur la conviction essentielle de l’anarchisme, à savoir que la fonction et le but de l’État moderne ne peuvent être transformés de l’intérieur. En situant les luttes des anarchistes radicaux au sein du processus contesté de reconstruction de l’État, le livre affirme la pertinence renouvelée de cette perspective pour l’étude de la révolution espagnole. »

Les Giménologues, 28 avril 2019

[Voir l’original de l’introduction en anglais dans le PDF joint.]

Introduction

La révolution qui a accompagné le déclenchement de la guerre civile espagnole (1936-1939) a constitué l’une des rares occasions dans l’histoire du monde où une tentative consciente de changer les relations fondamentales d’une société a été entreprise par de larges populations. Pendant cette période, les relations de production dans la ville et la campagne, les relations de genre et les expressions physiques et culturelles d’un pays catholique et clivé en classes ont été profondément modifiées, ne serait-ce que temporairement, pour une grande partie des millions de personnes prises dans l’expérience révolutionnaire dans la zone républicaine. La façon dont les gens s’habillaient, parlaient et se comportaient changea du jour au lendemain, car les gens de la classe ouvrière saisirent l’occasion de vivre différemment. Au premier plan de ce processus se tenaient les organisations qui, dans plusieurs villes espagnoles, avaient pris l’initiative de s’opposer à la tentative de coup d’État lancée le 17 juillet 1936 par des officiers de l’armée espagnole : la Confederación Nacional del Trabajo (Confédération nationale du travail - CNT) anarcho-syndicaliste et la Federación Anarquista Ibérica (FAI - Fédération anarchiste ibérique) anarchiste.
Le rôle des organisations anarchistes dans la répression des mutins nationalistes fut tel que, le 21 juillet à Barcelone, elles semblaient être les maîtres de la ville. Alors que l’odeur de la poudre flottait encore dans l’air, plusieurs des membres les plus importants de la CNT de la FAI se réunirent dans les bureaux nouvellement expropriés d’une association patronale dans la « Casa Cambó », un bâtiment imposant au cœur de Barcelone qui allait bientôt être rebaptisé la « Casa CNT-FAI », pour aborder la question de l’opportunité de passer immédiatement à la réalisation de leur objectif commun, le communisme libertaire. Il y fut décidé, à titre provisoire, qu’aucune tentative de ce genre ne serait engagée et que le mouvement libertaire espagnol collaborerait avec d’autres tendances politiques, comme les communistes, les socialistes, les libéraux et les nationalistes catalans et basques, pour combattre la menace fasciste commune.
Cet engagement à la collaboration n’a pas empêché l’accélération et l’expansion du processus révolutionnaire dans les semaines qui ont suivi. Les membres de la CNT ont été à l’avant-garde des efforts d’organisation qui ont vu la création de colonnes de miliciens, la prise en charge de lieux de travail et la collectivisation des terres à l’été 1936. Le gouvernement, plongé dans le chaos par les bouleversements de juillet, a été marginal dans cette évolution. Toutefois, en l’absence de toute tentative visant à dissoudre les organes gouvernementaux et administratifs, et dans un esprit de coopération que les anarchistes ont décrit à plusieurs reprises comme pragmatique, magnanime et révélateur d’une nouvelle ère d’harmonie sociale, de nombreux phénomènes révolutionnaires ont été, dès le début, formellement subordonnés aux organes nationaux ou régionaux de l’État, malgré leur autogestion ou leur contrôle syndical dans le fonctionnement quotidien. La collaboration du mouvement libertaire en Espagne avec l’État peut donc être comprise comme ayant commencé des mois avant que ce processus ne soit accéléré et formellement consommé fin octobre 1936 par l’acceptation sans précédent de postes ministériels dans le gouvernement central par quatre anarchistes espagnols.
Ce livre traite des processus interdépendants et opposés de la révolution et de la reconstruction de l’État tels qu’ils se sont déroulés dans la zone républicaine pendant la guerre civile espagnole. Il se concentre sur ce qu’on appelle ici les « anarchistes radicaux » : les membres du mouvement engagés à faire avancer la révolution et à résister aux empiétements de l’État. Une révolution, comme l’a souligné James C. Scott, est un interrègne. Entre l’effondrement d’un régime et la consolidation d’un autre, il y a une période où l’expérience de l’État – l’expérience d’être gouverné – ne fait plus partie de la vie quotidienne (1). En Espagne, l’interrègne de 1936 a été qualifié de « bref été de l’anarchie » (2). Au cours de cette période, l’État républicain a été remis en cause, non seulement par l’émergence de phénomènes qui ont contourné l’autorité de ses organes politiques et policiers, mais aussi par la rupture du « bon sens » nationaliste et patriarcal sur lequel ces structures reposaient.
En étudiant les résistances à la réimposition du gouvernement au cours des mois qui ont suivi, cet ouvrage met en lumière l’éternelle question de savoir comment les États sont (re)constitués, tant sur le plan idéologique et culturel qu’administratif.
Ceux qui étudient l’anarchisme espagnol sont redevables aux militants qui, ayant survécu à la guerre et échappé à la répression franquiste, ont relaté leurs expériences dans des mémoires ou des ouvrages historiques. Les efforts extraordinaires d’Abel Paz et, en particulier, de José Peirats, pour documenter le mouvement ont fourni les bases de toute entreprise ultérieure (3). De nombreuses recherches ont contribué à ce travail de base. Dans un article récent, Barry Pateman a affirmé qu’au cours des vingt dernières années, l’état de l’historiographie anarchiste a « changé du tout au tout » en termes qualitatifs et quantitatifs (4). Cela est dû en grande partie aux travaux sur le mouvement en Espagne, qui a atteint son apogée pendant la guerre civile. Pateman mentionne Chris Ealham et Agustín Guillamón, dont le travail sur la CNT est fondamental pour la compréhension de l’univers social et culturel de l’anarchisme espagnol et des mécanismes internes et des divisions au sein de l’organisation (5). Le présent ouvrage s’appuie sur leurs recherches, et développe les travaux historiques récents sur la révolution espagnole et ses opposants politiques (6). Je suis en outre redevable au travail accompli par des historiens engagés qui, souvent sans soutien institutionnel, ont récupéré les histoires des militants, des événements et des groupes peu connus (7). Les hypothèses présentées ici dépendent aussi dans une large mesure de travaux qui ont mis en avant le rôle des femmes anarchistes (8).
Cette brève et non exhaustive enquête suggère que l’observation de Stanley Payne selon laquelle « il y a eu peu d’efforts pour rendre compte de l’anarcho-syndicalisme espagnol en termes analytiques et théoriques » au cours des quarante dernières années est quelque peu déplacée (9). Néanmoins, ce livre cherche à contrer certaines tendances qui ont persisté dans l’historiographie malgré ces efforts. Tout d’abord, il considère que la « contre-révolution » en Espagne républicaine est synonyme de processus de reconstruction de l’État, plutôt que d’un projet politique mené principalement par le Partido Comunista de España (Parti communiste d’Espagne – PCE). En ce sens, il s’appuie sur le travail d’Helen Graham, qui soutient que la reconstruction de l’État républicain a été un processus multipartite et interclasses qui n’a pas été mené principalement par les priorités idéologiques du PCE (10). La participation des organisations staliniennes a sans aucun doute donné à la reconstruction de l’État des caractéristiques particulières et sanglantes, mais elle a aussi servi à obscurcir les aspects plus larges et plus complexes du processus (11). En second lieu et dans le même ordre d’idées, ce livre considère que la collaboration du mouvement libertaire avec l’Etat républicain a été un long processus impliquant des périodes de renversement et de consolidation, dont l’étude ne peut se limiter aux moments de la représentation anarchiste au gouvernement mais doit intégrer les questions idéologiques et culturelles, ainsi que l’activité des organisations anarchistes quand elles ne participent pas officiellement au gouvernement. Troisièmement, le livre s’appuie sur les études de la campagne de socialisation entreprise par la CNT dans le premier tiers de 1937 (12). L’attention qu’elles portent à la reprise de l’activité révolutionnaire et aux alliances importantes engendrées pendant cette période suggère que la conception répandue selon laquelle la révolution fut une affaire relativement brève, limitée au « court été de l’anarchie », doit être modifiée.
En plus de puiser dans les ouvrages secondaires existants qui servent à corriger ces tendances persistantes, l’ouvrage propose plusieurs avancées historiographiques basées sur l’étude attentive des sources primaires, principalement les procès-verbaux des assemblées et réunions, les témoignages des militants et la presse anarchiste. Suivant en cela François Godicheau et Ealham, et inspiré par la recherche anglophone sur la révolution russe, le livre examine le rôle des militants de niveau intermédiaire qui, pour la plupart, sont restés en marge tout à la fois des positions officielles de l’administration publique et de ce que l’on nommait dans les cercles militants les comités superiores des organisations libertaires espagnoles, mais qui ont néanmoins conservé leur influence dans des secteurs plus larges du mouvement en tant que délégués syndicaux et de groupes d’affinité et collaborateurs prolifiques de la presse anarchiste (13). Cet intérêt a conduit à la mise au jour d’interventions importantes, entre autres, de Lucía Sánchez Saornil, Amador Franco, Juan Santana Calero et Julián Merino, et il est ici attribué à ce dernier la place centrale qu’il mérite du fait de son activité et de son rôle très importants dans l’arrière-garde révolutionnaire.
Au-delà de ses champions individuels, cet ouvrage rend compte des courants radicaux du mouvement libertaire d’une manière plus générale que ce qui a été proposé jusqu’à présent, et explique les affinités complexes qui ont lié leurs différentes manifestations. En examinant les courants radicaux de l’anarchisme espagnol qui traversent ces différentes formations, nous pouvons percevoir comment l’opposition à la collaboration et à la reconstruction de l’État s’est unie autour de positions spécifiques qui, pour la plupart, sont restées cohérentes avec les traditions anarchistes d’avant-guerre tout en engendrant de nouvelles solidarités révolutionnaires . Ces positions constituaient une option programmatique face à la reconstruction de l’État et délimitaient les frontières des réalisations révolutionnaires que les anarchistes radicaux défendaient par la lutte. Le livre montre que la position radicale était à la fois plus répandue et plus sérieuse dans ses ramifications potentielles qu’on ne l’a généralement compris.
Les chapitres sont largement classés par ordre chronologique. Le premier couvre les années d’avant-guerre de la République espagnole et les tendances et tactiques du mouvement libertaire de cette période. Le chapitre 2 décrit l’ampleur de la révolution qui a accompagné le déclenchement de la guerre civile à l’été 1936. J’examine le sens et l’impact de la collaboration avec l’État et l’émergence d’une tension oppositionnelle au sein des comités de défense de Barcelone, des Juventudes Libertarias (Jeunesses libertaires – JJLL) et de la presse anarchiste. Le but du chapitre 3 est de montrer la persistance du projet anarchiste révolutionnaire et le renouvellement de ses caractéristiques programmatiques et pratiques dans le premier tiers de 1937. Le chapitre se concentre sur la campagne de la CNT pour la socialisation et sur les nouvelles alliances révolutionnaires qu’elle a permis de créer au sein et autour du mouvement libertaire. Ces premiers chapitres montrent le mouvement révolutionnaire dans une période d’expansion, non dépourvue de contradictions. Au printemps 1937, un programme anarchiste radical avait émergé, qui s’inspirait des pratiques anarchistes d’avant-guerre et de l’idéal du communisme libertaire, mais aussi de l’expérience révolutionnaire et de ses réalisations concrètes. Le chapitre 4 examine l’affrontement entre ce programme révolutionnaire et les forces de l’État reconstitué lors des événements de Mai à Barcelone. Il offre une nouvelle interprétation significative du pourquoi et du comment de la mobilisation et de la démobilisation. Après cette période d’expansion et d’explosion finale survint une période d’éclatement et de défaite. Le cinquième chapitre analyse la critique renouvelée de la collaboration avec l’État qui a suivi les journées de Mai et la tentative de la FAI de Barcelone de préconiser un retrait des postes officiels. Les méthodes élaborées adoptées par les cadres dirigeants du mouvement libertaire dans la lutte contre l’anarchisme radical sont également examinées. Le chapitre 6 traite de la défaite de ce courant, et s’écarte légèrement de l’ordre chronologique en couvrant trois manifestations de cette défaite dans la période qui va des journées de Mai à la fin de la guerre civile. Il analyse la rupture des solidarités révolutionnaires (14) provoquée par la défaite et la fausse victoire que cela représentait pour l’aile étatique viciée de l’anarchisme espagnol. Les tentatives des radicaux de plus en plus isolés de témoigner de leur défaite et d’en tirer des leçons sont également discutées. La conclusion discute de la portée historique et de la pertinence des anarchistes radicaux du moment, évalue leurs forces et leurs faiblesses, et expose les raisons de leur échec final.
Avant la guerre civile, le mouvement libertaire en Espagne avait connu un boom des publications consacrées à esquisser la société post-révolutionnaire. En imaginant le monde refondu en l’absence d’État, les anarchistes prônent la fin de la propriété privée, de l’inégalité entre les sexes et de la politique traditionnelle, proposent la socialisation des terres et des industries, l’armement du peuple. Pendant la guerre, cet imaginaire a fourni les paramètres d’une expérience révolutionnaire de masse. Cependant, dans un processus parallèle, l’État s’est rétabli par une attaque physique, idéologique et économique contre les manifestations de ce programme libertaire qui avait émergé dans l’arrière-garde républicaine. En examinant les points chauds où la reconstitution de l’État a rencontré la résistance libertaire, nous trouvons un courant anarchiste large et théoriquement développé qui tente de conserver sa fidélité aux traditions d’avant-guerre en analysant et en tirant des leçons des expériences révolutionnaires qui ont eu lieu au fil des ans. Ce courant a besoin d’une histoire vaste et synthétique pour que son importance historique et intellectuelle puisse être pleinement appréciée. Ce livre est une contribution à cette histoire.

Notes

1 James C. Scott, ‘Foreword’, in Everyday Forms of State Formation : Revolution and the Negotiation of Rule in Modern Mexico, ed. by Gilbert M. Joseph and Daniel Nugent (Durham and London : Duke University Press, 1994), p. ix.
2 Hans Magnus Enzensberger, El corto verano de la anarquía. Vida y muerte de Durruti, trad. Julio Forcat et Ulrike Hartmann (Barcelona : Editorial Anagrama, 2010).
3 Spécialement José Peirats, The CNT in the Spanish Revolution, Volume 1, trad. Chris Ealham (Hastings : PM Press, 2011) et les volumes suivants ; et Abel Paz, Durruti in the Spanish Revolution, trad. Chuck Morse (Edinburgh : AK Press, 2007).
4 Barry Pateman, ‘Anarchist History : Confessions of an awkward pupil’, Bulletin of the Kate Sharpley Library, 84 (2015), 1–3 (p. 1).
5 Chris Ealham, Anarchism and the City : Revolution and Counter-revolution in Barcelona, 1898–1937 (Edinburgh : AK Press, 2010), Living Anarchism : José Peirats and the Spanish Anarcho-Syndicalist Movement (Edinburgh : AK Press, 2015) ; Agustín Guillamón, Los Comités de Defensa de la CNT en Barcelona, 1933–1938 (Barcelona : Aldarull, 2013).
6 En particulier, ceux fournis par : Josep Antoni Pozo González, Poder legal y poder real en la Cataluña revolucionaria de 1936 (Sevilla : Espuela de Plata, 2012), La Catalunya antifeixista, El govern Tarradellas enfront de la crisi política i el conflicte social (setembre de 1936 – abril de 1937) (Barcelona : Edicions DAU, 2012) ; François Godicheau, La Guerre d’Espagne. République et révolution en Catalogne (1936–1939) (Paris : Odile Jacob, 2004) ; Agustín Guillamón, Barricadas en Barcelona. La CNT de la victoria de Julio de 1936 a la necesaria derrota de Mayo de 1937 (Barcelona : Ediciones Espartaco Internacional, 2007), La Guerra del pan. Hambre y violencia en la Barcelona revolucionaria. De diciembre de 1936 a mayo de 1937 (Barcelona : Aldarull and Dskntrl-ed, 2014).
7 D. Nelles et al., Antifascistas alemanes en Barcelona (1933–1939). El Grupo DAS : sus actividades contra la red nazi y en el frente de Aragón (Barcelona : Editorial Sintra, 2010) ; Los Gimenólogos, En busca de los Hijos de la Noche. Notas sobre los Recuerdos de la guerra de España de Antoine Gimenez, trad. Francisco Madrid Santos, Carlos García Velasco et Los Gimenólogos (Logroño : Pepitas de calabaza ed., 2009) ; Miquel Amorós, La Revolución Traicionada : La verdadera historia de Balius y Los Amigos de Durruti (Barcelona : Virus, 2003), José Pellicer : El Anarquista Integro (Barcelona : Virus, 2009), Maroto, el héroe : Una biografía del anarquismo andaluz (Barcelona : Virus, 2011), Los Incontrolados de 1937. Memorias militantes de los Amigos de Durruti (Barcelona : Aldarull, 2014) ; Agustín Guillamón, Los Amigos de Durruti. Historia y antología de textos (Barcelona : Aldarull and Dskntrl-ed, 2013) ; Frank Mintz, Anarchism and Workers’ Self-Management in Revolutionary Spain, trans. by Paul Sharkey (Edinburgh : AK Press, 2013).
8 Martha A. Ackelsberg, Free Women of Spain : Anarchism and the Struggle for the Emancipation of Women (Edinburgh : AK Press, 2005) ; Eulalia Vega, Pioneras y revolucionarias. Mujeres libertarias durante la República, la Guerra Civil y el Franquismo (Barcelona : Icaria, 2010).
9 Stanley G. Payne, ‘A Critical Overview of the Second Spanish Republic’, in The Spanish Second Republic Revisited : From Democratic Hopes to Civil War (1931– 1936), ed. by Manuel Álvarez Tardío and Fernando Del Rey Reguillo (Eastbourne : Sussex Academic Press, 2013), p. 18.
10 Helen Graham, The Spanish Republic at War (Cambridge : Cambridge University Press, 2002), pp. 158–64.
11 Je ne partage pas le scepticisme de Graham au sujet de la complicité des staliniens dans certains des plus infames meutres commis à l’arrière-garde républicaine, comme du rôle des agents soviétiques et des communistes espagnols dans les meurtres d’Andreu Nin et Camillo Berneri. Sur le premier cas, voir Pelai Pagès i Blanch, “El asesinato de Andreu Nin, más datos para la polémica”, Ebre 38, 4 (2010), 57–76. Sur le dernier, voir Francisco Madrid Santos, “Camillo Berneri, un anarquista italiano (1897–1937)” (thèse PhD inédite, Universidad de Barcelona, 1979), pp. 501–13, et le chapitre 4 du présent travail.
12 Anna Monjo et Carme Vega, Els treballadors i la Guerra civil (Barcelona : Editorial Empúries, 1986) ; Antoni Castells Duran, El proceso estatizador en la experiencia colectivista catalana (1936–1939) (Madrid : Nossa y Jara Editores, 1996).
13 Sur les militants anarchistes de niveau intermédiaire en Espagne, voir François Godicheau, “Periódicos clandestinos anarquistas en 1937–1938 : ¿las voces de la base militante ?”, Ayer, 55 (2004), 175–205 (p. 204) ; Ealham, Anarchism and the City, p. 96. Parmi les travaux sur la Russie centrés sur les militants ouvriers de niveau intermédiaire : Simon Pirani, The Russian Revolution in Retreat, 1920–24 : Soviet Workers and the New Communist Elite (London : Routledge, 2008) ; S. A. Smith, Red Petrograd : Revolution in the Factories 1917–1918 (Cambridge : Cambridge University Press, 1983) ; Rex A. Wade, Red Guards and Workers’ Militias in the Russian Revolution (Stanford : Stanford University Press, 1984).
14 Dans l’éclairage porté sur le développement et la rupture subséquente des alliances révolutionnaires dans cette période, j’ai été influencé par les analyses in David Roediger, Seizing Freedom : Slave Emancipation and Liberty for All (London : Verso, 2015).


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