La section italienne de la colonne Ascaso

Le 10 janvier 2016 à 18 h • Casa Consolat à Marseille
mardi 5 janvier 2016
popularité : 17%

Alba Balestri présentera son livre

La section italienne de la colonne Ascaso.
Hommage à Nino Balestri et à ses copains.

Le dimanche 10 janvier 2016 à 18 h
à la Casa Consolat de Marseille
(rue Consolat)

Nous rappelons l’intérêt de cette publication sur les volontaires italiens en Espagne dont nous avons déjà publié la recension sur ce site [1].

D’autres recensions sont consultables ici :
Le Monde Libertaire n°1769 (12-18 mars 2015)
• Et celle de la revue en ligne Dissidences : dissidences.hypotheses.org


Balestri, Gino, « Nino »

Né dans une famille antifasciste de treize enfants (dont trois décédés avant l’âge de dix ans), Gino Balestri adhéra très jeune aux idéaux libertaires.

II participa activement aux luttes ouvrières de la période du Biennio Rosso, et notamment le 4 décembre 1919 (avec entre autres, Celso et Tonino Persici) à l’attaque du siège du Circolo Rosa de Bazzano où la foule s’empara de nombreux vivres, en cette période de grande misère. Au cours de cette manifestation, le Maréchal des carabiniers Severino Cagnoli fut obligé par les manifestants de porter sur ses épaules un drapeau noir à travers les rues du village.

Gino participa ensuite aux premières luttes armées contre les fascistes et fut condamné à six mois et quinze jours de prison en 1921, puis à trois mois en 1925. L’année suivante, après une fusillade avec les fascistes – pour laquelle il aurait été condamné par contumace à onze ans de prison – il émigra clandestinement en France où, sans papiers, il allait vivre au jour le jour dans des conditions précaires, tout en poursuivant ses activités antifascistes.

Dès son arrivée en France il se lia d’amitié avec d’autres réfugiés anarchistes italiens comme les Gilioli, Camilo Berneri et sa famille, Renato Castagnoli, Umberto Cecotti, Tintino Rasi et sa compagne Ave, Vindice Rabbitti, Giuseppe Bifolchi, Alberto Meschi, Umberto Marzocchi, Enzo Fantozzi, Natalino Matteucci, la famille Lami, Renzo Cavani, Gino Bibbi et Luigi Damiano.

Arrêté à Paris en 1930, il fut expulsé en Belgique d’où, après avoir participé à un meeting à Bruxelles, on l’expulsa au Luxembourg ; puis il regagna la France. En 1932 il prit pour compagne Cosetta Lami, fille du militant anarchiste Mario Lami (mort à Fontenay-sous-Bois en 1930), et partit s’installer avec elle à Marseille. Dans cette ville, avec notamment Celso Persici, Edoardo Angeli, Giulio Bacconi, Cesare Fietta, Orazio Dondi, Emilio Pedrieri, Pio Turroni et Virgilio Fabrucci, il participa à l’organisation d’une coopérative de travaux du bâtiment qui allait permettre à de nombreux réfugiés politiques d’obtenir du travail et des papiers et dont les bénéfices étaient reversés au mouvement anarchiste.

Gino Balestri et sa compagne Cosetta Lami allaient souvent à Nice rendre visite à la famille Dondi et à Mario Baldini. Et c’est dans cette ville qu’en 1933 il fut arrêté pour avoir participé à une réunion de « propagande communiste », et qu’il fut condamné à deux mois de prison pour « infraction à un décret d’expulsion ». Vivant clandestinement à Marseille en 1934, il partit ensuite pour Oran (Algérie), où le rejoignirent sa compagne Cosetta Lami, et leur fille Luce (née à Paris le 3 mars 1934).

Gino Balestri et Cosetta Lami (Fontenay-sous-Bois, 1932) [Famille Balestri]


En juin 1936 Gino Balestri revint à Marseille, puis gagna Paris. Dès le déclenchement de la guerre d’Espagne, par l’intermédiaire du comité Pro Spagna dont s’occupait Tinitino Rasi, il partit comme volontaire dans la section italienne de la Colonne Ascaso, et combattit à Almudevar et au Carascal de Huesca, sur le front d’Aragon. Bien qu’opposé à la militarisation des milices, il resta sur le front et fut peut-être membre du 4e Bataillon confédéral Pi y Margall commandé par Augusto Coll. Il représenta le Bataillon aux funérailles d’Antonio Cieri, qui avait remplacé Giuseppe Bifolchi à la tête de la section italienne, et qui venait d’être tué sur le front de Huesca. Lors des événements de mai 1937 et des combats avec les staliniens, il participa à la défense du siège catalan de la CNT-FAI situé à Barcelone sur l’avenue Buenaventura Durruti (anciennement Layetana). Á l’été 1937, « quand j’ai compris que c’était foutu j’ai préféré partir. Il rentra à Paris où sa compagne avait mis au monde le 8 mars précédent leur deuxième fille Dina. Ne trouvant pas de travail, il connut alors avec sa famille deux années de grande misère.

Suite au décret du 12 novembre 1938 permettant d’interner « les étrangers indésirables », il fut arrêté en 1939 et emprisonné six mois à la prison de Fresnes. Á sa sortie de prison, il parvint à obtenir des papiers en règle à son nom, sans doute après avoir signé un engagement à la Légion étrangère afin de ne pas être envoyé au camp d’internement du Vernet. Á l’automne 1939, la famille Balestri résidait au 44 de la rue Planchat, dans le XXe.

Pendant l’Occupation, il fut arrêté lors d’une rafle par les Allemands et déporté sans doute dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO) dans un camp de travail à Cracovie, puis à Lublin en Pologne. Après avoir réussi à s’évader en 1943, il regagna la France dans la région d’Arcachon où Amadeo Testoni le fit embaucher pour travailler au terrain d’aviation de Cazau, et sur le Mur de l’Atlantique. Il aida alors plusieurs antifascistes italiens – dont le compagnon Natalino Matteucci – qui ne voulaient pas partir en Allemagne à se faire embaucher. Comme Matteucci et Testoni il eut alors des contacts avec la Résistance.

Après la Libération, il vécut à Paris avec sa compagne et leurs filles Luce et Dina. En 1952 il s’installa dans la région de Marseille où, le 19 mars, naissait sa dernière fille Alba, et où il continua de militer et surtout d’aider les réfugiés espagnols. Après avoir essuyé de nombreux refus, Gino Balestri obtenait en 1955 sa naturalisation française.
Gino Balestri est mort à Aubagne (Bouches-du-Rhône) le 5 juillet 1983.

Notice biographique rédigée par Rolf Dupuy : militants-anarchistes.info
Sources : Dizionario biografico degli anarchici (Notice de P. Bertolucci) Précisions apportées par ses filles Luce (février 2008 & mai 2010) et Alba (mars 2008 & avril 2010) // CAC, Fontainebleau (Dossier de naturalisation et de police) // El Diluvio, 17 avril 1937 //

Les Giménologues, le 3 janvier 2016.



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