La Mort de l’Espoir d’Eduardo de Guzmán.

lundi 21 avril 2008
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Plublication de La Mort de l’Espoir d’Eduardo de Guzmán.
Editions No Pasarán.

Les deux parties du récit d’Eduardo de Guzmán sont précédées d’un avant-propos comprenant une notice sur l’auteur, et d’une « petite mise au point préliminaire » rédigée par celui-ci[1].
L’introduction est signée par Rafaël Cid.
À la fin du récit, on trouve un « Memento des personnages cités dans l’ouvrage » qui offre une série de notices biographiques d’une grande utilité. Elles sont suivies d’une liste des organisations.
 
La traduction, les notes et l’index sont le fait de Pascal Martin.
 
Les Giménologues 31 mars 2008.
 
 
 
POUR PRESENTER : « La Mort de l’Espoir »[2]
 
 
À l’heure où les éditions Vosa SL sont en train de rééditer en Espagne le travail incomparable d’Eduardo de Guzmán, les éditions No Pasaran publient pour la première fois en français une des œuvres majeures de la mémoire de la guerre civile espagnole intitulée : « La Mort de l’Espoir ».
 
L’auteur est un journaliste libertaire connu non seulement pour son engagement militant et ses reportages au cours de la période républicaine et de la guerre, mais aussi pour les analyses postérieures qu’il livrera au lendemain du franquisme et qui feront autorité sur la situation politique de l’Espagne.
Mais ça n’est pas de cela dont il est question dans « La Mort de l’Espoir ». L’auteur nous décrit plutôt comment les madrilènes se jettent spontanément dans la rue faisant de leurs poitrines nues une muraille contre les armées franquistes.
 
Il nous montre comment un peuple insurgé, sans chefs ni leaders providentiels, sans armes ni argent, va affronter les unités militaires les mieux équipées et les plus expérimentées d’une armée de métier et offrir ainsi au monde la 1ère défaite des troupes de choc d’Hitler, de Mussolini et de Franco. C’est plutôt de cela dont il est question. Comment un mouvement libertaire d’un total de près de 2 millions d’adhérents basé sur l’entraide et l’abnégation a su malgré la pusillanimité d’un gouvernement légal, qui au lancement du conflit était même prêt à négocier avec les putschistes, contribuer dans l’auto-organisation à la plus haute expression de la citoyenneté. Les écrits de Guzmán dérangent car ils mettent en évidence les hésitations et les tergiversations des gouvernements pris dans les querelles de partis, entre d’un côté, les républicains et les socialistes modérés et de l’autre, tout le reste des forces de gauche. Les premiers craignant qu’en armant le peuple, ils déclenchent une révolution beaucoup plus difficile à réprimer que l’insurrection militaire en cours ; les autres considérant que les travailleurs organisés par les deux grandes centrales syndicales que sont l’U.G.T. et la C.N.T. sont les seuls qui puissent encore sauver la République. La révolution pour gagner la guerre, ou gagner la guerre pour faire triompher la révolution ?
C’est tout ça que raconte « la Mort de l’Espérance ».
 
La première partie dévoile heure par heure les quatre premiers jours de l’insurrection anti-républicaine. Le texte débute à Madrid avec l’annonce du soulèvement militaire. D’emblée, l’auteur nous plonge dans l’expectative dans laquelle se trouve l’Espagne aux premières heures, au moment où les rumeurs les plus folles se mêlent aux véritables informations. On vit les premiers instants de l’agitation populaire et en même temps qu’on voit se mettre en place l’organisation de l’autodéfense des quartiers de la ville, on comprend la dissolution du gouvernement républicain. On assiste enfin à la prise des casernes de la Montaña et de celle de Campamento ainsi qu’au départ des miliciens vers le front.
 
Dans la deuxième partie, ce sont les cinq derniers jours du conflit qui nous sont contés. Eduardo de Guzmán nous fait vivre les dernières heures de Madrid précédant l’entrée des troupes de Franco, l’organisation de la douloureuse évacuation des républicains vers la côte, le doute et l’angoisse qui habitent près de 20 000 d’entre eux sur les quais du port d’Alicante. Pour finir : la torture de l’attente !
 
Mais comme l’écrit Rafaël Cid, collaborateur à « Rojo y Negro », dans l’introduction à la présente édition qu’il a bien voulu signer : « Ce qui différencie “la Mort de l’Espoir” des autres magnifiques témoignages de ce tragique épisode qu’a connu l’Espagne, c’est qu’on a l’impression de vivre les événements, d’être au cœur de l’action ; Guzmán prend ses notes à chaud et les organisera plus tard pour organiser l’œuvre qu’il nous livre ici. Ce style direct est celui d’un témoin à charge de la cause des insurgés, condamné à mort par les tribunaux militaires. Voilà pourquoi quand tant d’anciens staliniens se donnent l’air d’historiens et s’emploient à faire vivre le cliché éculé des « masses irresponsables », se plonger dans les pages du récit d’Eduardo de Guzmán suppose revendiquer des émotions plus nobles, authentiques et héroïques qui montrent de quoi sont capables les êtres humains lorsqu’ils se reconnaissent comme tels et qui luttent, main dans la main, pour la liberté et contre l’injustice ». 


[1] datant de l’édition espagnole de 1973 : La muerte de la esperanza. G. del Toro, Editor Madrid (collection : « Memorias de la guerra civil española 1936-39 »).
[2] Présentation des éditeurs.

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