La révolution défaite. Les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole

lundi 25 novembre 2013
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Couverture et quatrième de couverture : cliquez sur l’image pour lire le pdf

La révolution défaite. Les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole

Nous n’avons pas encore dans les mains ce livre de Daniel Aïache à paraître aux Éditions Noir et Rouge, mais la quatrième de couverture est alléchante :

« La Révolution espagnole a porté, sur une brève durée, les espoirs révolutionnaires à un point jamais atteint jusque là.
“L’anarchisme a réellement conduit, en 1936, une révolution sociale et l’ébauche la plus avancée qui fut jamais d’un pouvoir prolétarien” notait Guy Debord.
Pendant un temps, ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler une guerre civile a été une révolution transformant radicalement toute une société. La défaite de la Révolution espagnole, son écrasement conjoint par les nationalistes et les staliniens ferme le cycle ouvert par la Révolution française. Les pratiques, les rêves, les utopies qui s’y étaient réunis cessent d’exister ou doivent se recomposer sous d’autres formes.
Dans le déroulement même de la Révolution espagnole, Paris a joué le rôle d’une base arrière. Paris s’est trouvé être tout à la fois le lieu de préparation, de concentration des actions staliniennes, le lieu de la solidarité révolutionnaire et le point de rassemblement de toutes les tendances politiques qui faisaient de la Révolution espagnole l’enjeu vital de l’époque. C’est essentiellement à Paris que se forment les mythes et les idéologies qui façonnent encore l’imaginaire de la “Guerre civile”.
L’observation des révolutionnaires parisiens permet une vision plus claire de l’espoir suscité par cette Révolution, mais aussi des dérives qui ont provoqué son échec. Les révolutionnaires parisiens ne sont pas de meilleurs révolutionnaires que leurs camarades espagnols ; au contraire leurs formations sont affaiblies et loin de la force d’une CNT. C’est de leur position excentrée que leur vient leur rôle de gardien de l’utopie révolutionnaire.
Toute la mouvance radicale parisienne est secouée et traversée par ce qui se passe de l’autre côté des Pyrénées. Tous ces groupements font face au dilemme généré par le Komintern : Révolution sociale ou combat antifasciste.
Ils perçoivent immédiatement que l’idéologie antifasciste recouvre et écrase la révolution en cours. Ces révolutionnaires sont de tous les combats et consacrent toutes leurs énergies et, parfois, leurs vies à ce qui leur semble le dernier espoir de Révolution.
Pierre Besnard, André Prudhommeaux, Michel Collinet, Robert Louzon, David Rousset, Charles Ridel, Victor Serge, Benjamin Peret, Nicolas Lazarevitch ou Simone Weil sont des noms parmi d’autres de ceux qui informent, acheminent des armes ou combattent directement.
Les défaites successives contre les ennemis franquistes ou staliniens les laissent désemparés et tous doivent repenser leur rapport à la politique et à la Révolution. »

Les jeunes éditions Noir et Rouge ont la bonne idée de s’attacher à publier des textes étrangers, et nous relayons leur requête :

« Si nous n’avons aucune intention de nous spécialiser, en revanche nous mettrons en avant la dimension internationale du mouvement libertaire. Nous accorderons donc une grande place à la traduction, à la fois pour combler le retard pris sur le passé et être proches de l’actualité.
Nous profitons de cette déclaration pour renouveler notre appel à tous ceux ou celles qui voudraient nous aider dans la traduction de textes en allemand, en anglais, en italien ou encore en espagnol, car il existe de nombreux livres qui mériteraient d’être disponibles en français ! Citons par exemple les Mémoires de Rudolf Rocker, mais il y en a tellement d’autres ! »

Daniel Aïache est par ailleurs l’auteur de l’article :

« Mémoire, oubli et récupération de la mémoire historique de la guerre civile espagnole » [1]

Nous y voyons des convergences d’approches avec notre texte « Le temps géré ne revient plus » : article 455

Par ailleurs tant dans l’article que dans l’ouvrage à venir on voit que la question de l’idéologie antifasciste qui - en 1936 comme aujourd’hui - recouvre et écrase la révolution espagnole est soulevée. Il faut rappeler que pour Durruti et d’autres anarchistes comme Mercier-Vega « le fascisme est le rejeton du capitalisme ».

Les Giménologues, le 18 novembre 2013


[1article 587 nous mettons à disposition sur notre site le fichier de ce texte en PDF