Ce dimanche 25 juin 2006, une nouvelle fait l’effet d’un grenade Laffite artisanale et secoue la Giménologie : la parution d’une note de lecture dans le Journal du dimanche nous fait envisager d’augmenter le nombre d’exemplaires de la réédition en cours.
In Journal du Dimanche 25 juin 2006, pages culturelles.
Sous le titre général Les romans de l’année, une sélection des 10 romans de l’été effectuées par 10 éditeurs.
Olivier Cohen. PDG de l’Olivier. Les fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d’Espagne Suivi d’A la recherche des fils de la nuit. Par les Giménologues (L’insomniaque), d’Antoine Gimenez.
Amitié, amour, anarchie : trois mots pour résumer l’histoire d’une vie. Celle de Bruno Salvadori, alias Antoine Gimenez, un jeune italien engagé dans la colonne Durruti pendant la guerre d’Espagne. Grâce au travail d’un mystérieux groupe d’historiens-détectives, les "Giménologues" (du moins est-ce ainsi qu’ils se désignent ), le manuscrit de Savadori/Gimenez émerge de l’oubli où il était tombé pour réapparaître au grand jour. Et c’est une révélation. Car ce récit véridique restitue, comme seuls les grands romans peuvent le faire, des moments d’une intensité exceptionnelle.
On reste médusé devant la force de ces personnages : mauvais garçons, commissaires politiques, paysans épris d’utopie, intellectuels exaltés, combattants héroïques ou paralysés par la peur, tous incarnent une humanité bouleversante jusque dans ses faiblesses. Mais le plus étonnant, ce sont les portraits de femmes, ces femmes que Gimenez aima jusqu’à la folie et qui illuminent de leur beauté ce livre qui, on s’en doute, se termine mal - comme toutes les tragédies.
Olivier Cohen
Ceci est la version intégrale du texte original, la note publiée ayant subi des coupes regrettables.