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dimanche 12 mai 2013
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Fin du récit de Josep. A ce jour, il vit toujours à bergerac et sa santé est bonne.
Plâtrier Nous étions une dizaine au bureau de la main-d’œuvre pour passer l’examen physique et technique. On nous fit écrire en français, moi qui commençais à peine à le parler, et on nous présenta un appareil en désordre qu’il fallait reconstituer. Bien entendu, vu mon savoir et mes capacités, ce fut plutôt un fiasco. Avant de repartir, M. Flamant me dit ceci : « Mon pauvre Llados, ce n’est pas jojo ! » Cela voulait tout dire. Et il ajouta : « On te convoquera ! » Et en effet, peut-être grâce au (…)
Les Allemands.
Les Allemands Mme Delbos, cette vieille patronne pleine de bon sens, me traitait bien, comme tous les autres. Mais l’occupant avait de plus en plus besoin de main-d’œuvre et je reçus ma première réquisition pour aller travailler pour les Allemands ailleurs qu’à Bergerac. Le dimanche suivant, je fis voir mon papier aux dirigeants du football. Ils s’occupèrent de l’affaire et je ne partis pas. Je continuai à travailler à la ferme. À la fin de 1942, je reçus une autre réquisition et ils évitèrent à nouveau que je parte. Jouant toujours au Enfants de France, il fallut un (…)
Premier printemps et Bergerac.
Printemps.
Le climat du mois de mars, sans être chaud, était un peu meilleur, alors on allait à 400 mètres où passait un ruisseau dans lequel on lavait nos frusques et on faisait notre toilette plus approfondie. Le tout sans savon, rendez-vous compte ! On admirait - moi au moins - les premières petites fleurs des prés. Par exemple les jolies pâquerettes, parmi les premières plantes qui sortent au printemps, et on revenait à la ferme dans son petit coin. Quelquefois, on écrivait à nos parents restés à Alcarràs. Ma mère, mon grand-père et ma petite sœur (…)
De Saint Cyprien au Limousin.
Saint-Cyprien
Nous voilà de nouveau derrière des barbelés, et les gendarmes comme gardiens. Bien entendu, ça allait un peu mieux, mais avec cent cinquante francs en poche il ne fallait pas se faire de grosses illusions. À la cantine du camp, on allait pouvoir pendant quelque temps acheter le strict nécessaire. Mais ce vaste camp de bord de plage méditerranéenne, pour mon ami Charles et moi, c’était nouveau. Et il y avait déjà des camarades enfermés. Le lendemain de notre arrivée, avec Charles, nous nous mîmes à prospecter pour voir si on trouvait quelqu’un (…)
La neige avait disparu, la boue séchait, le froid était moins vif. C’est la fin février 1939 et tout le monde est surpris : une quinzaine de camions stoppent en haut de la route et me voilà dans l’un de ces véhicule avec une trentaine d’autres.
La neige avait disparu, la boue séchait, le froid était moins vif. C’est la fin février 1939 et tout le monde est surpris : une quinzaine de camions stoppent en haut de la route et me voilà dans l’un de ces véhicule avec une trentaine d’autres. Destination inconnue. Finalement, nous atterrissons à Agde, dans le département de l’Hérault, en fin (…)
Revenons aux jours qui suivirent le 19 juillet 1936. Au village, on l’ignorait, mais à Barcelone on savait que Saragosse était entre les mains du général Cabanellas considéré jusqu’alors comme démocrate.
Revenons aux jours qui suivirent le 19 juillet 1936. Au village, on l’ignorait, mais à Barcelone on savait que Saragosse était entre les mains du général Cabanellas considéré jusqu’alors comme démocrate. (Son ordonnance était native d’Alcarràs.) Aussitôt, une colonne s’organisa avec Durruti à sa tête. Ce dernier venait de perdre son grand ami Ascaso durant les combats dans les rues de (…)
Mon père avait déjà été fournier alors que je n’étais pas né ou trop petit pour m’en souvenir.
Le père Llados fournier Mon père avait déjà été fournier alors que je n’étais pas né ou trop petit pour m’en souvenir. Nous ne savions pas pourquoi il avait arrêté. Mais, quand mon frère et moi commençâmes à travailler, on reparla de la question dans la famille. Lui ne voulait pas, car il savait ce que cela représentait de travail et manque de sommeil. Ma mère, tout en comprenant son mari, ne disait pas grand-chose. Mon grand-père, mon frère et moi insistions, mais ne nous rendions pas compte, (…)
Au printemps 1936 apparaît le personnage d’Antonio Gimenez. A la veille du coup d’Etat militaire, il travaille avec des copains sur la propriété agricole de Vallmanya dans la commune d’Alcarràs, près de Lérida. Il va y croiser un jeune de 17 ans, Josep Llados, aujourd’hui réfugié en France. Il se trouve que nous l’avions contacté pour nous entretenir avec lui de son expérience de milicien sur le front d’Aragon. Et voilà qu’en lisant aujourd’hui le manuscrit de Gimenez un petit moment de sa jeunesse est remonté à sa mémoire. Nous publions ses mémoires sur ce site en les y faisant paraître (…)