Notice revue et augmentée en janvier 226.
Nous reprenons la rédaction des biographies de chacun des 117 ex-combattants italiens (anarchistes ou pas) dont le nom se trouve sur la liste « Libertá o Morte » du camp d’Argelès sur Mer, dressée par la police politique italienne le 8 août 1939.
Cela s’inscrit dans le cadre de notre collaboration à la base de données sur le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer réalisée par Grégory TUBAN, de Perpignan : http://www.memorial-argeles.eu/fr/
https://www.memorial-argeles.eu/fr/1939/1939-2eme-periode-du-camp-avril-juin-1939/le-camp-des-brigadistes.html
Toutes les notices sont le fruit d’un travail de recherche en collaboration avec Tobia Imperato de Turin, et avec le regretté Rolf Dupuy de Paris.
La traduction et la rédaction sont réalisées par Jackie, giménologue.
Janvier 2026
AMORINI Roberto
AMORINI Roberto, naît à Mestre (Venise) le 11 juin 1900. C’est un ouvrier agricole. Il est socialiste, puis anarchiste.
Abandonné par ses parents, il grandit d’abord dans un orphelinat, puis dans une famille adoptive, résidant à Pramaggione (Venise). Actif politiquement au sein du Parti socialiste, il émigre en France avec un passeport en règle en 1923, s’installant pour travailler à Reims (Marne), puis à Montreuil (Seine-Saint-Denis). En 1934, à la suite d’une bagarre avec un mutilé français, il fait l’objet d’un décret d’expulsion et passe en Espagne. Il trouve du travail dans le port de Barcelone et habite Carrer Tallers. Le 5 septembre 1936, alors que la guerre civile fait rage, il écrit depuis Barcelone à sa mère adoptive, Carolina Casonato, pour lui annoncer qu’il part pour une destination inconnue. La lettre est interceptée et Amorini est signalé à la police italienne qui ouvre un dossier à son nom.
En réalité, il s’est enrôlé dans la section italienne de Carlo Rosselli et Camillo Berneri, rattachée à la colonne Ascaso de la CNT-FAI. La police italienne tente en vain d’obtenir la confirmation de son enrôlement dans les troupes républicaines. Il est néanmoins inscrit au Bulletin des recherches et à la Rubrique de la frontière en vue de son arrestation. La Colonne Ascaso quitte Barcelone le 11 septembre 1936 et combat sur le front de Huesca. Tombé malade en janvier 1937, Amorini est hospitalisé au sanatorium Bonanova à Barcelone, où on lui diagnostique une tuberculose. Il sort de l’hôpital le 5 avril 1938.2 Il reprend son travail dans le port de Barcelone. Nous n’avons pas d’autres informations sur le parcours d’Amorini au cours des mois suivants, si ce n’est qu’il quitte l’Espagne lors de l’effondrement du front catalan, au début de l’année 1939, et qu’il est interné à Argelès-sur-Mer où il rejoint le groupe « Libertà ou Morte », puis à Gurs.
Sa maladie s’aggravant, il est hospitalisé en 1941 à l’hôpital Saint-Louis de Perpignan, puis transféré au camp de Noé. Le 5 juin 1941, il demande à la CIAF (Commission italienne pour l’armistice avec la France) d’être rapatrié pour raisons de santé. Transféré en Italie le 1er octobre 1941, il est arrêté à la frontière de Menton et détenu à la prison de Venise à partir du 3 novembre 1941. Lors de l’interrogatoire, il admet avoir combattu en Espagne parce qu’il a été « influencé par la propagande de ses collègues de travail ». Il est déféré devant la Commission provinciale qui le condamne à l’internement à Ventotene. Sa peine est toutefois commuée en avertissement en raison de son mauvais état de santé. Il est donc soumis à seulement deux ans de mise en garde. On n’a pas d’autres informations à son sujet.
Sources et Bibliographie :
ANPI (Associazione Nazionale Partigianid’Italia), 60 Anni dall’ inizio della guerra di Spagna (Luglio 1936) I veneziani volotari antifascisti in Spagna, Commune de Venezia, Avril 1997, p. 24.
http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=74
http://dati.acs.beniculturali.it/CPC/CPC.detail.html?A02774
https://www.anpive.org/wordpress/wp-content/uploads/2016/09/I-veneziani-volontari-antifascisti-in-spagna.pdf
http://sidbrint.ub.edu/it/content/amorini-roberto
Alvaro López, a cura di, L’antifascismo meridionale nella guerra di Spagna. Dalla Spagna al confino, AICVAS, Quaderno n. 2, Roma, 1982.
Adriano Dal Pont, coordinatore, Antifascisti nel Casellario Politico Centrale, ANPPIA, Roma, Vol. I, 1988.
La Spagna nel nostro cuore 1936-1939 Tre anni di storia da non dimenticare, AICVAS, Roma, 1996.
Mario Bonifacio, a cura di, 60 anni dall’inizio della guerra di Spagna (luglio 1936) I veneziani volontari antifascisti in Spagna, ANPI - Comune di Venezia, Venezia, 1997.
Emanuela Aggio, Da Padova e da Venezia in Spagna a combattere per la Repubblica. Percorsi biografici di volontari antifascisti che parteciparono alla guerra di Spagna 1936-1939, Tesi di laurea, Università Cà Foscari di Venezia, Facoltà di Lettere e Filosofia (rel. Stuart Woolf), a. 2001/2002.