Source de la photo de Bruno Castaldi en 1930 : Josep Portella
https://www.menorca.info/menorca/vivir-menorca/2025/06/28/2418237/misterios-cas-bruno-castaldi.html
CASTALDI Bruno, né à Firenze le 30 janvier 1897, fils d’Alfredo et de Pasquina Sorbi.
Nous avons évoqué cet Italien dans la notice sur Paolo Vagliasindi, pp. 858-862 des « Fils de la nuit » (2016) : Un rapport de la police politique de Rome[1] du premier juin 1936 cite son nom en tant « qu’opposant au régime ». Un autre rapport de police du 24 octobre 1936 le signale comme « un collaborateur de Vagliasindi », qu’il retrouve sur le front de Caspe quand il devient commandant d’étape pour le ravitaillement de la colonne Durruti .
Voici le contenu de la notice à son nom parue dans le Dizionario biografico degli anarchici italiani. Biblioteca Franco Serantini 2004. vol 1 p. 340-41 ; Sources : Risveglio 2 du 5 sept 1937 (arrestation de Bruno Castaldi) ; Umanita Nova 27 août 1966 (texte de Bifolchi « Monte Pelato ») :
"CASTALDI Bruno : Firenze 30.1.1897, fils d’Alfredo et de Pasquina Sorbi - On ne connaît pas la date du décès.
Volontaire en 1914-18, il est condamné à 10 ans de prison pour mutinerie, puis remis au front. Condamné en août 1918 à sept ans pour désertion. Amnistié en 1919.
À Milan il milite dans l’USI (Union syndicale italienne). Il est blessé dans des bagarres avec les fascistes et condamné à 26 jours de prison pour port d’arme.
Émigre en Belgique et s’en retrouve expulsé comme « anarchiste très dangereux ». Il est aussi indésirable au Luxembourg et en France.
Fin 1928, il demande un passeport au Consulat italien de Bruxelles. Il lui est proposé de servir le régime fasciste, et il répond qu’il a abandonné la militance.
Castaldi part à Barcelone en janvier 1929. Il est inscrit sur la liste des gens recherchés de la police politique de Rome le 5 mars 1930.
Il ouvre un atelier de fabrication de chaussures à Minorque[2] et tente de faire venir sa mère d’Italie ; mais la police l’en empêche en disant de lui qu’il est le « secrétaire de Malatesta ». Il riposte par un article contre Mussolini dans un journal local en 1932.
En mai 1933, Castaldi ouvre une fabrique de chaussures à Madrid, puis après la faillite, s’installe à Sitges, sur la côte catalane. C’est sans doute là qu’il rencontre Vagliasindi.
Il est remarqué en octobre 1935 car il détient chez lui un portrait de Matteotti et il déclare être l’ami de « l’ambigü ancien partisan de D’annunzio et de Garibaldi, Pietro Paolo Vagliasindi ».
Il s’engage dans la colonne « Ortiz » à la fin juillet 1936, devenant le délégué politique de la centurie Luz y vida .
Il est blessé sur le front d’Aragon. Il s’occupe ensuite du ravitaillement de la colonne Durruti.
Le 10 novembre 1936, le Comité de contrôle de la milice antifasciste de Letux [près de Belchite], dans un communiqué paru dans Solidaridad obrera de Barcelone, annonce avoir reçu, « grâce au compagnon Bruno Castaldi » des produits offerts par les habitants de Sitges.
Il est toujours présent à Letux[3] en décembre, où il jouit d’un certain prestige parmi les volontaires antifascistes. Il assure le commandement de trois compagnies préposées aux fortifications, et appartient à la 2ème Division « Jubert Hijar », avec le grade de capitaine.
Le 5 avril 1937, il informe son frère Gino du « désastre qui est survenu aux troupes d’Hitler et de Mussolini » à Guadalajara.
En août 1937, il est arrêté[4] sur ordre du gouvernement Negrin, sous l’accusation de travailler pour Franco et les fascistes, et d’avoir attaqué des familles aisées dans plusieurs villes durant les premiers jours de la révolution espagnole.
Le Risveglio anarchico de Genève, sous la plume de Giuseppe Ruozi, prend sa défense et souligne le cohérent parcours politique de Castaldi.
Il est incarcéré dans le château de Montjuich jusqu’à la chute de Barcelone le 26 janvier 1939.
Il réussit à éviter les camps de concentration français et il s’établit à Issy-les-Moulineaux auprès du communiste Giulio Piazza.
Recherché le 25 juin 1940 par le Tribunal militaire de Rome ( car il doit effectuer 2 ans et 6 mois de prison pour l’ancien « crime » de désertion) , il se trouve encore en France en 1942. Et puis on ne sait plus rien de lui..."
(Traduction faite par nos soins).
Notes des Giménologues
[1] Il y a un dossier sur lui au CPC de Roma, numéro : 2645
[2] un autre anarchiste italien fera un séjour chez lui à ce moment : il s’agit d’Ernesto Gregori. Source : https://militants-anarchistes.info/spip.php?article2460
[3] Sa présence fut attestée par notre ami Emilio Marco de Tours, ancien milicien de la colonne Ortiz dont nous avons publié les souvenirs dans A zaragoza o al charco.
[4] Dans une base de données sur les prisonniers de la Modelo, on trouve mention de Bruno Castaldi, « acolyte de Vagliasindi, en prison le 10-11-37 » [ source : thèse de François Godicheau].
Grâce à de récents travaux on en sait maintenant bien plus sur la vie de Castaldi
Poursuivi par la police fasciste parce qu’il aurait tenté en 1921, par deux fois, de tuer Mussolini, Castaldi se réfugie à Paris en 1922 avec Armida Zanoni, originaire de Milan, qu’il vient d’épouser.
Le 6 août 1927, un télégramme adressé aux préfets du royaume signale qu’à Paris le groupe anarchiste « Monito », dirigé par Bruno Castaldi, organise un attentat contre le Duce sur le modèle de celui conçu par Gino Lucetti, et que l’auteur présumé serait l’anarchiste Agostino Sette (qui sera lui aussi volontaire en Espagne, où il trouvera la mort). Castaldi adhère au groupe « Volontà » de l’écrivain Mario Mariani, et une de ses lettres est publiée dans un numéro du journal Volontà, imprimé à Paris. Le 29 septembre 1927, accompagné de sa femme et de ses enfants, dont l’un s’appelle Spartaco, Castaldi est expulsé de France et se rend en Belgique.
La famille migre ensuite à Madrid en 1928, puis à Barcelone en 1929. Un rapport daté du 3 janvier 1929 indique que, se trouvant au consulat de Bruxelles pour renouveler son passeport, on propose à Castaldi de devenir informateur aux dépens de l’ancien député populaire Guido Miglioli et de l’anarchiste Camillo Berneri, et que Castaldi a demandé un délai de réflexion. En réalité, il a immédiatement informé Miglioli et Berneri de cette demande ; ceux-ci lui ont suggéré de faire semblant d’accepter, de se mettre dans les bonnes grâces du consulat, puis de pouvoir commettre à Rome un attentat contre le chef de la police Bocchini.
Bruno et Armida auront quatre enfants : Spartaco, né à Paris en 1923, Giordano, né en 1927 à Milan, et Aurora née en 1930 à Barcelone - qui mourra à l’âge de quatre ans. Une autre Aurora verra le jour en 1935 à Sitges. Cela nous donne une idée des pénégrinations de cette famille harcelée par la vindicte mussolinienne. A chacune de ces étapes, Bruno monte une usine de fabrication de chaussures, notamment pour femmes.
Nous avons des informations sur la vie de la famille Castaldi quand elle s’installa à Ciutadella (Minorque) en 1930, puis à Fornells en 1932, grâce à l’article de Josep Portella « El misteriós cas de Bruno Castaldi ».* On y trouve une photo de lui, de sa femme et de son fils aîné, car l’auteur s’est mis en rapport avec la fille des époux Castaldi, Aurora.
En 1932, Castaldi tente en vain de faire venir sa mère et son frère pour l’aider dans son travail, mais le préfet de Florence leur refuse l’autorisation de sortie du territoire alors qu’ils avaient déjà vendu le mobilier de la maison. Pour protester contre cette décision arbitraire, il écrit un article intitulé « Un cas d’une cruauté inouïe » dans le journal La Voz de Menorca du 3 mars 1932. Le préfet de Florence justifie son refus en invoquant le fait que la mère, Pasqualina Sorbi, est une sympathisante socialiste et quelle vit depuis douze ans avec Emilio Corsi, dont elle a eu un fils prénommé Lénine, nom qui a ensuite été changé par le tribunal de Florence le 20 août 1932 en Corrado.
Le 3 août, la préfecture délivre enfin un passeport à sa mère, à son beau-père et à son demi-frère, qui partent le 20 août 1932. Sa demi-sœur Giorgia Corsi, accompagnée de son mari et de sa fille, les rejoindra également. Tous rentreront en Italie en février 1935. Les affaires de son usine marchent bien, quand soudainement la famille quitte Minorque pour Madrid, en 1933. On peut penser que Castaldi a reçu des menaces de l’OVRA après avoir publié sa diatribe contre Mussolini dans la presse locale.
En mai 1933, Castaldi ouvre à Madrid une usine de chaussures, qui fera faillite deux ans plus tard, le contraignant à s’installer à Sitges. La police politique signale qu’il possède dans sa salle à manger un grand portrait de Giacomo Matteotti et qu’il poursuit son activité antifasciste.
Sur ses activités à Sitges, son engagement dans les milices, et sa relation avec Vagliasindi, on lira le riche travail de Jordi Milà Franco : « Dos anarquistes italians ben diferents a Sitges, in « Històries del poble silenciós. Sitges, durant la Guerra Civil .** On y apprend que Bruno installe son nouvel atelier en 1935, car avec son industrie de la chaussure déjà bien établie, la ville lui offre de bonnes opportunités. La famille réside au 35, rue des Parellades.
Quand éclate la guerre civile, Bruno part immédiatement avec Spartaco. Ils font partie des premiers volontaires « impatients » de Sitges qui participent à la reprise de Caspe. Puis les survivants s’intègrent à la colonne Sur Ebro, dont le délégué général est Antonio Ortiz. Castaldi sera nommé commissaire politique de la centurie Luz y Vida. Il sera blessé à la jambe dans les premiers mois de sa présence sur le front d’Aragon.
Il s’occupera ensuite du ravitaillement des colonnes Durruti et Ortiz à Letux. Dans un communiqué publié dans Solidaridad Obrera de Barcelone le 10 novembre 1936, le Comité de contrôle des milices antifascistes de Letux (Saragosse) annonce avoir reçu, « par l’intermédiaire du camarade Bruno Castaldi », les dons que les habitants de Sitges (Barcelone) ont faits aux milices. Visiblement très apprécié tant à Sitges qu’en Aragon, un petit témoignage sur lui sera publié par l’un des miliciens qui l’accompagnaient : le jeune Manolo Comas Cabistañ.
Spartaco continuera de combattre dans les colonnes anarchistes : successivement dans la Colonne Ascaso (Colonne italienne Rosselli), la Colonne Durruti, la 26° Division (120° Brigade Mixte, 1° bataillon Matteotti, compagnie Mitrailleuses).***
Le 5 avril 1937, Bruno Castaldi écrit une lettre à son frère Gino pour lui faire part du désastre subi par les troupes fascistes italiennes à Guadalajara, et lui annonce qu’il a fait don de son usine de Sitges à la collectivité de la ville, recevant en échange une villa avec jardin et le poste de commissaire du peuple.
À la suite des affrontements qui ont opposé le gouvernement catalan aux anarchistes et au POUM du 3 au 7 mai 1937, et qui se sont soldés par la défaite des anarchistes, Castaldi est arrêté lors de la répression qui a suivi. Il est incarcéré à Montjuïc, à Barcelone. Lors de son procès, il est accusé d’avoir cambriolé plusieurs villas à Sitges durant l’été 1936.
Selon d’autres sources, Castaldi est arrêté le 30 juillet 1937 par le juge Bertrán de Quintana sous l’accusation de travailler pour l’Etat italien.
Libéré à la veille de la chute de la ville suite à l’offensive franquiste, le 26 janvier 1939, Castaldi traverse les Pyrénées, échappe aux camps de concentration français et s’installe à Issy-les-Moulineaux, chez le communiste Giulio Piazza. Le 3 février 1939, il écrira à son frère Gino, à Florence, une longue lettre sur les causes de la défaite de la révolution espagnole. Courant janvier 1939, il s’installe en Tunisie avec sa famille, et pendant la guerre, il s’engage comme volontaire dans l’armée britannique, tout comme son fils aîné. Mais Spartaco est capturé par les Allemands, et exécuté en janvier 1943.
Ce n’est qu’en novembre 1945 que Bruno et sa famille peuvent retourner à Florence. Dans sa ville natale, Castaldi ouvre une nouvelle usine de chaussures qui connaît un grand succès. Cela leur permet de se constituer une fortune, au point d’acheter une maison de campagne du XVe siècle. Au fil du temps, il fréquente la Casa del Popolo et noue une solide amitié avec le maire communiste de Florence, Mario Fabiani. En 1950, il commence à souffrir de diabète et voit sa santé se détériorer peu à peu. Il a soixante-cinq ans lorsqu’il décède, le 22 février 1962, à Florence.
Sa fille, Aurora, mariée à Vinicio Galli, s’installe au Brésil, puis à Miami et dans le sud de la Floride, où ils montent une chaîne de restaurants. Armida Zanoni, désormais veuve, part à la retraite rejoindre sa fille en Floride, où elle décède en 1972.
En 2024, Aurora Castaldi collabore avec le journaliste Onide Donati, qui avait été directeur de « L’Unità » — à Bologne — entre 2003 et 2011, pour écrire un roman largement inspiré de la vie de sa famille :« Io contro il Duce ». (AIEP ed. 2023)****
Les Giménologues, notice actualisée le 8 octobre 2026.
Notes
* https://www.menorca.info/menorca/vivir-menorca/2025/06/28/2418237/misterios-cas-bruno-castaldi.html
** p. 109, Fragment d’historia, Ajuntament de Sitges, 2018. https://drive.google.com/file/d/1o1WtjxfRgPSYbOE6mxNQQGwY5Or8NjPu/view
*** Source : https://www.toscananovecento.it/eGallery/volontari/view?id=TESEO_417376&tipologia=PER. Selon S. Bellofiore in https://www.bfscollezionidigitali.org/entita/15359-castaldi-spartaco?i=10, Spartaco s’engage en Tunisie dans un commando britannique qui est envoyé en Italie, où les nazis le capturent et le tuent.
**** https://www.strisciarossa.it/la-storia-damore-e-danarchia-di-bruno-castaldi-il-combattente-che-attraverso-le-tragedie-del-novecento/
Sources et bibliographie. Octobre 2026 :
Corrispondenze. Arresto di Bruno Castaldi, Il Risveglio Anarchico, a. XXXV, n. 982, 25/9/1937, Ginevra.
Giuseppe Bifolchi, Monte Pelato. Prima battaglia dell’antifascismo in difesa della rivoluzione di Spagna, Umanità Nova, a. XLVI, n. 31, 27/8/1966, Roma.
Giuseppe Bifolchi, 28 agosto 1936 Trent’anni dopo, L’Adunata dei Refrattari, a. XLV, n. 18, 3/9/1966, New York.
Giacomo Calandrone, La Spagna brucia. Cronache garibaldine, Editori Riuniti, Roma, 1974.
Alvaro López, a cura di, Dalla Spagna alla resistenza in Europa in Italia ai campi di sterminio, AICVAS, Quaderno n. 3, Roma, 1983.
Adriano Dal Pont, coordinatore, Antifascisti nel Casellario Politico Centrale, ANPPIA, Roma, Vol. V, 1990.
La Spagna nel nostro cuore 1936-1939 Tre anni di storia da non dimenticare, AICVAS, Roma, 1996.
Grazia Ciotta, Silvia Zoletto, Antifascisti padovani 1925-1943, Neri Pozza, Vicenza, 1999.
Giuseppe Galzerano, Enrico Zambonini. Vita e lotte, esilio e morte dell’anarchico emiliano fucilato dalla repubblica sociale italiana, Galzerano, Casalvelino Scalo (SA), 2009.
Ilaria Cansella, Percorsi di lotta. Antifascisti toscani nella guerra civile spagnola, in Ead., Francesco Cecchetti, a cura di, Volontari antifascisti toscani nella guerra civile spagnola, ISGREC Istituto Storico Grossetano della Resistenza e dell’Età Contemporanea - Effegi, Grosseto, 2012.
Ilaria Cansella, Francesco Cecchetti, a cura di, Volontari antifascisti toscani nella guerra civile spagnola. Le biografie (CD), ISGREC Istituto Storico Grossetano della Resistenza e dell’Età Contemporanea - Effegi, Grosseto, 2012.
Milà Jordi, Històries del poble silenciós. Sitges durant la Guerra Civil, Ayuntamiento de Sitges, 2016.
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Eladi Romero Garcia, La Columna Durruti 26ª División del ejército popular de la República, Laertes, Barcelona, 2018.
Molà i Franco Jordi, Històries del poble silenciós. Sitges durant la Guerra Civil, Ediciones Gráficas Rey, 2018.
Onide Donati, Aurora Castaldi, Io contro il duce. Una storia d’amore e d’anarchia, AIEP, San Marino, 2023.
Giuseppe Galzerano, Gli antifascisti di Castelnuovo di Conza. Vita persecuzione esilio e confino di Vito Annicchiarico Pasquale Caprio Donato Conte Antonio Cozzarelli Giuseppe Del Vecchio Temistocle Ricciulli, Galzerano Editore, Casalvelino Scalo (SA), 2024.
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– Castaldi Spartaco [anarchiste, fils de Bruno] [n. Francia (Paris) 15/6/1923, r. Espagne (Barcelona)] [120a Brigada Mixta 26a División Durruti] [volontaire dans l’armée anglaise, fusillé en Tunisie en janvier 1943]
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https://dokumen.tips/documents/new-volontari-antifascisti-toscani-nella-guerra-civile-spagnola-le-2015-3-26.html?page=1
http://gestionale.isgrec.it/sito_spagna/ita/all_ita_details.asp?offset=90&id=2457
http://www.storiaxxisecolo.it/antifascismo/Guerraspagna13a.htm https://parridigit.istitutoparri.eu/public/multimediale/1/Monografie/multimedia_source/La_/sp/La_spagna_nel_nostro_cuore_1_2.pdf
https://www.antifascistispagna.it/wp-content/uploads/2016/10/Q3-Dalla-Spagna-alla-Resistenza.pdf
http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=1119