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Décès d’Octavio Alberola (1928 – 2025)
à perpignan

En médaillon, la vignette intersidérale réalisée par Octavio lui-meme

Voici le texte publié le 24 juillet 2025 par Agustín Comotto (traduit du castillan).
https://kaosenlared.net/fallecio-octavio-alberola-1928-2025/
Agustin Comotto a publié en espagnol et en français un livre avec Octavio (en doc joint) :
Le poids des étoiles, aux éditions Syllepses Collection Spartacus, en mai 2024

Agustín Comotto, enfant de l’exil argentin, dessinateur et bédéiste, a recueilli le témoignage de la vie d’Octavio Alberola avec respect et affection mais sans complaisance. Ensemble ils parcourent le mouvement anarchiste espagnol, de la fin de la guerre à la prétendue transition, entre tensions et scissions, mais aussi les brasiers des années 1960 et 1970, en Amérique latine comme en Europe.

Décès d’Octavio Alberola (1928 – 2025)
Publié le 24 juillet 2025 / Par Agustín Comotto

Vous avez 80, 85, 90 ans. Vous contemplez désormais du haut de votre édifice celui que vous avez construit au fil des ans. Il n’y a plus d’étages à construire, car vous avez déjà posé le toit. Vous vous asseyez là pour contempler l’horizon, les bâtiments comme le vôtre qui sont construits ou ont été construits autour de vous.
La plupart des bâtiments de cette immense ville qu’est l’humanité vous sont inconnus. Mais vous connaissez sans doute certains des constructeurs. Ce sont vos semblables. Depuis votre toit, vous constatez que certains bâtiments n’ont plus personne assis, comme vous là-haut, à regarder autour de soi. Ils sont vides ; il n’y a personne parce que la personne qui a construit le bâtiment n’est plus là. Certains sont magnifiques, avec des qualités esthétiques d’une originalité sans pareille, ou des prouesses de conception structurelle dignes de Léonard de Vinci. C’est ce qui reste de ceux qui les ont habités.
Certains bâtiments sont bas, trop bas et sans toit, à moitié construits parce que, tragiquement, le constructeur est parti avant l’heure. D’autres ont subi l’impact d’un obus qui les a prématurément réduits en ruines. Ce sont ceux qui ont été détruits par des forces extérieures.

La vie est finie et, quand on construit un bâtiment aussi haut que celui d’Octavio, il est courant de voir les architectes apparentés partir, laissant l’immeuble vide.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Octavio Alberola de quitter le bâtiment. Fatigué, Octavio m’avait prévenu qu’il allait quitter la vie il y a une dizaine de jours. Nous nous sommes dit au revoir et il m’a parlé de nos interminables conversations sur l’univers. Maintenant, m’a-t-il dit, je vais rendre la matière à son origine. C’est ainsi, sans plus, que s’en va le dernier anarchiste historique que je connaisse.
Octavio Alberola était un être différent, avec une façon de penser unique et un optimisme louable envers l’espèce humaine. J’ai eu la chance de le connaître et d’écrire sa biographie. Nous avons parlé d’aspects impensables de sa vie et de l’être humain, car Octavio était un curieux fasciné par des sujets variés tels que la physique quantique, la logique absolue de l’univers et de l’être humain ou la justice et l’égalité entre les hommes. Ce concept l’a conduit à lutter pour la justice en tant qu’anarchiste toute sa vie. Au Mexique, pays qui a accueilli sa famille, exilée après la guerre en Espagne, comme en France, pays où il a résidé presque toute sa vie.

Je ne m’étendrai pas davantage sur ce sujet, car sa biographie est très longue. Je dirai simplement qu’Octavio Alberola nous quitte, l’une des personnes les plus extraordinaires que j’ai connues, qui a laissé derrière lui un immense héritage, généreux en connaissances et en façons de comprendre cette espèce complexe qu’est l’humanité.

Aujourd’hui, le monde est un peu plus vide.
À son tour, Octavio, l’univers est un peu plus plein.
24 juillet 2025, Agustín Comotto

Les Giménologues, 17 août 2025
" En souvenir d’Octavio et en solidarité avec Ariane, sa compagne de bien des combats"
En doc joint (PDF) un cahier de photos conçu par Octavio lui-meme
Nous ajoutons cette "Entrevista de Agustín Guillamón a Octavio Alberola (noviembre 2016)"

Nos articles précédents :
https://gimenologues.org/spip.php?article1157
https://gimenologues.org/spip.php?article877
https://gimenologues.org/spip.php?article580