Le pouvoir ne se partage pas ! Approche de la guerre civile espagnole (1936-1939)
Alain Pecunia

Ouvrage paru chez les prolifiques éditions lyonnaises Atelier de Création Libertaire

Tout (presque) sur le ressort de ce petit livre est exprimé par Alain lui même dans son avant propos :

"J’ai parfois cherché à comprendre le pourquoi de mon attrait irrésistible pour l’Espagne qui me fit ressentir le sentiment d’être chez moi au milieu de ses paysages et de me trouver parmi les miens en côtoyant les passagers d’un compartiment de train en 1962. Au point de nourrir l’envie de devenir espagnol et de vouloir vivre en Espagne avec et parmi mes camarades, m’acculturant tant que, lorsque je revins de mon séjour ibérique de vingt-huit mois, j’éprouvai le sentiment d’être un exilé dans ma patrie de naissance. Je mis de nombreuses d’années à me réapproprier la France alors que j’avais mis si peu de mois à devenir espagnol.
Étrange expérience d’une existence schizophrénique puisque si, aux yeux de mes camarades de détention espagnols et pour l’administration de la pénitentiaire, j’étais devenu pleinement espagnol, pour ceux de l’exil j’étais un camarade français qui avait été en Espagne et qui était à la rigueur un peu espagnol. Le comble, c’est qu’à l’époque eux parlaient le castillan avec un accent de l’exil et moi avec l’accent de là-bas ; qu’en règle générale ils s’adressaient à moi en un français caillouteux. J’étais donc doublement exilé et cela ne cessa — en partie, car il m’arrive de dialoguer intérieurement en espagnol avec mes camarades morts ou vivants — qu’après avoir écrit, en 2000-2001, Sombras ardientes en espagnol avant de le traduire en français, où je fis le choix du français comme langue d’expression littéraire alors que j’hésitai avec le castillan.
Les années passant, mon rêve espagnol reste toujours enfoui au fond de mon cœur et de mon âme, rêve de cette Espagne que partageaient les détenus et qui animait leurs espérances. Même si le cours de la vie me fit trouver mon Andalousie dans un village normand."

Quatrième de couverture :

« Une guerre civile vient toujours de loin et il est nécessaire que, dans les deux camps qui se dessinent en vue de l’affrontement éventuel, il y ait suffisamment de protagonistes qui désirent et souhaitent même ardemment cet affrontement. Des boutefeux sont nécessaires.

Ce fut le cas en Espagne. Les uns et les autres, en nombre suffisant dans les deux camps, souhaitaient en découdre et vider l’abcès  : soit à droite pour maintenir l’ordre existant, soit à gauche pour en changer.

En fait, il s’agit d’une guerre de classes et, comme toute guerre, elle sera horrible et horrifiante. Plus encore qu’une guerre mettant aux prises des nations car elle scinde des familles dont les membres vont se combattre (là est l’aspect fratricide, exacerbé à l’extrême), elle attise toutes les passions, nobles ou ignobles, en leur laissant libre cours  ; on assassine (on dit “fusiller” ou “exécuter”) au moindre soupçon, on dénonce par jalousie ou envie, soif de vengeance. On tue l’ennemi ou celui que l’on pense ou suppose tel, ou qui pourrait le devenir. Tout cela à l’infini et avec des variantes dont l’imagination humaine débridée est friande, et dont elle détient le secret.

Des récits verbaux des combattants et de mes lectures, j’ai voulu extraire, après des années d’incubation de toutes ces données, ce qui me paraissait essentiel pour comprendre cet épisode de l’histoire espagnole.

Ces brèves considérations manifestent toutefois la prétention d’extraire, de la façon la plus concise et la plus précise qui soit, la quintessence de ce conflit.

En ne cessant de garder à l’esprit que, dans tout conflit, ce depuis la plus haute antiquité, les premières victimes, et même les cibles principales de ces affrontements, sont les non-combattants, c’est-à-dire les femmes et les enfants.  »

A. P.

Nous ajoutons cette petite annonce qui nous vient d’Espagne :

http://loquesomos.org/le-pouvoir-ne-se-partage-pas-approche-de-la-guerre-civile-espagnole-1936-39/

Les giménologues 9 décembre 2020