CALDERARA Giovanni

Nous reprenons la rédaction des biographies de chacun des 117 ex-combattants italiens (anarchistes ou pas) dont le nom se trouve sur la liste « Libertá o Morte » du camp d’Argelès sur Mer, dressée par la police politique italienne le 8 août 1939.
Cela s’inscrit dans le cadre de notre collaboration à la base de données sur le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, réalisée par Grégory TUBAN, de Perpignan : http://www.memorial-argeles.eu/fr/
https://www.memorial-argeles.eu/fr/1939/1939-2eme-periode-du-camp-avril-juin-1939/le-camp-des-brigadistes.html
Toutes les notices sont le fruit d’un travail de recherche en collaboration avec Tobia Imperato de Turin et Rolf Dupuy de Paris.

La traduction et la rédaction sont réalisées par Jackie, giménologue.

Giovanni CALDERARA alias « Frisé », fils d’Antonio et de Zeffirina Massera, est né le 15 septembre 1897 à Cossogno (Novara). Il est maçon cimentier. Il combat dans l’artillerie de montagne pendant la Première Guerre mondiale.

Militant du Parti socialiste italien depuis l’âge de 18 ans, Giovanni Calderara adhère au Parti communiste en 1921. L’année suivante, il émigre en France pour échapper aux persécutions fascistes. Il s’installe dans le Morbihan, puis à Reims où il milite à la CGT.

Expulsé de France en 1925 à cause de ses activités syndicales, il se réfugie à Quaregnon, en Belgique, d’où il est expulsé pour les mêmes raisons en 1927. Il gagne alors le Luxembourg*. Après avoir participé activement à la campagne de soutien à Sacco et Vanzetti, il est une nouvelle fois expulsé, et retourne en Belgique où en 1934 il devient anarchiste. Il a perdu sa compagne l’année précédente.

Calderara fait l’objet d’un nouvel arrêté d’expulsion en 1936, suite à sa participation à une grève, mais il reste clandestinement à Bruxelles jusqu’à l’été 1936 où il s’engage comme volontaire en Espagne. Milicien sur le front d’Aragon dans la Section italienne de la Colonne Ascaso, il combat ensuite dans le Bataillon de la mort, puis dans la 153ème Brigade Mixte** jusqu’au 1er août 1937. Il part alors travailler à Barcelone où il adhère à la CNT. Il retourne à nouveau au combat où il est blessé lors de l’offensive franquiste sur le front d’Aragon au printemps 1938. Porté disparu, il parvient toutefois à regagner les lignes républicaines.

Lors de la Retirada de février 1939, il passe en France et se retrouve interné au camp d’Argelès. Il rejoint les membres du groupe anarchiste Libertà o Morte. Transféré à Gurs, il est libéré en 1940 et enrôlé dans la 253ème Compagnie de travailleurs étrangers. En septembre 1940 il semble être à Bruxelles où il fréquente Cafiero Meucci***. Mais il est par la suite arrêté par les Allemands et envoyé au stalag XII-D à Trèves, d’où il est déporté au camp de Mauthausen le 25 janvier 1941. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre.****
Il retourne en France et s’installe au 34 rue Cler, à Paris.
Giovanni Calderara décède à Paris en janvier 1984. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

Notes

* Son nom est cité avec ceux d’autres anarchistes italiens sur ce site :
"Anarchisme(s) au Luxembourg dans l’entre-deux-guerres. Contre le fascisme, le communisme… et la démocratie parlementaire", de Frédéric Krier :
https://www.peterlang.com/view/9783631699096/chapter10.xhtml

** Dans la 29° Division (regroupant les anciennes forces miliciennes du POUM)

*** http://www.bfscollezionidigitali.org/entita/14205-%E2%80%8Bmeucci-cafiero-luigi/

**** Petro Ramella, Dalla Despedida alla Resistenza. Il ritorno dei volontari antifascisti dalla guerra di Spagna e la loro partecipazione alla lotta di liberazione europea., Aracne. 2012, p.191.

[Sources :
http://militants-anarchistes.info/spip.php?article4947
Notes de Gianpaolo Giordana, février 2010 // Notes de P. Massera (octobre 2010)//

Les Giménologues, 9 août 2020.