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Les Gimenologues
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Quelque chose de plus sur la milicienne anarchiste Carmen CRESPO
La Francesita qu’a connue Emilio Marco

Nous avons trouvé un article paru sur elle en France qui rend compte de son engagement sportif :
CARMEN CRESPO (1916-1937) JEUNESSE, CARRIÈRE PROFESSIONNELLE ET MILITANTISME
(26 octobre 2023 modifié le 24 novembre 2023)
Il a été publié dans le cadre d’une exposition sur La FSGT (Fédération Sportive Gymnique du Travail) dont le tableau en médaillon est issu.

Le Maitron lui avait auparavant consacré une notice : https://maitron.fr/crespo-carmen/

Par ailleurs un correspondant aragonais nous a signalé en 2025 que des fouilles étaient en cours dans le secteur de Letux, et quil espérait localiser les dépouilles des miliciens et miliciennes tombés en 1936.

Nous savions par Lola ITURBE, puis à travers le témoignage d’Emilio Marco, que cette jeune femme d’origine espagnole vivant en France était partie en Espagne pour participer aux Jeux Olympiques antifascistes de juillet 1936. Puis qu’elle avait intégré la columna Sur Ebro, où Emilio combattait.

Nous lui avons consacré un petit chapitre dans de A Zaragoza o al charco  » (2016, pp. 77-80) dont voici un extrait

CARMEN CRESPO
Certaines resteront sur le front jusqu’en 1937, dans l’administration ou comme infirmières, mais il y aura de moins en moins de femmes qui se battront. Emilio est encore très ému quand il pense à elles, et surtout à l’une d’entre elles, Carmen Crespo ;

« Une très, très belle fille, de taille moyenne, aux cheveux châtain foncé et aux yeux noirs. Elle était très courageuse. Je l’ai vue pour la première fois après notre sortie de Caspe [à la fin juillet 1936]. Elle était habillée en fille. Au début les miliciennes n’étaient pas en mono [bleu de travail] ; ce n’est que plus tard que des camions venant de Barcelone ont livré des monos sortant des usines textiles. J’ai parlé avec elle ; elle logeait à Letux. »

Cette jeune Espagnole vivait en France et elle arriva à Barcelone en juillet 1936 pour assister aux Olympiades antifascistes. Dès le début du conflit, elle s’engagea dans les milices et fut surnommée La Francesa. Elle était instruite et réservée, au caractère visiblement trempé. Loin de vouloir l’expulser, Ortiz aurait bien voulu la garder à son QG de Caspe en l’attachant aux travaux de secrétariat. Mais elle voulait combattre avec les guérilleros et rejoignit les premières lignes de son propre chef. Elle mourut lors d’une action dans la sierra de La Serna en décembre 1936 : une grenade avait fait exploser son corps. (cf. Strobl, 2002, p. 353.

La suite se trouve dans le document word joint.

On en apprend un peu plus sur le parcours sportif de Carmen Crespo dans cet article :
"JEUNESSE, CARRIÈRE PROFESSIONNELLE ET MILITANTISME" :

Carmen Crespo naît en 1916 en Espagne. Elle émigre en France avec sa famille et grandit à Paris. Elle suit des études qui lui permettent d’obtenir un poste d’employée dans une société d’assurance.
En parallèle, elle pratique le basket-ball dans le Club pédestre de l’Étoile rouge (CPER). Ce club situé dans le quartier parisien de Bastille — alors populaire — est l’une des premières associations sportives ouvrières à avoir adhéré à la Fédération sportive du travail en 1919.

Dans les années 1920, avec Paul Vaillant-Couturier comme président d’honneur, le club demeure à la FST lorsque celle-ci est reprise en main par le Parti communiste. Au sein du club, Carmen Crespo croise sans doute Auguste Delaune, communiste, coureur et militant du sport ouvrier. Elle semble quant à elle plutôt proche de l’anarchisme. En 1934, Carmen Crespo adhère néanmoins à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), née de la fusion entre la FST communiste et l’Union des sociétés sportives et gymniques du travail (USSGT) socialiste.
(...)
Deux ans plus tard, c’est avec une délégation de la FSGT qu’elle participe aux Olympiades populaires, une compétition sportive internationale organisée en 1936 à Barcelone. Le 4 juillet 1936, dans le stade Pershing à Paris, Carmen Crespo participe aux épreuves qualificatives de basket-ball pour les Olympiades populaires de Barcelone. Épreuves organisées par la FSGT et présidées par le Sous-secrétaire d’État à l’Organisation des Loisirs et des Sports, Léo Lagrange
Carmen Crespo se qualifie. Elle prend alors la route pour l’Espagne avec les 1 200 autres athlètes français issus du mouvement sportif travailliste qui se sont qualifiés comme elle. La délégation manifeste à chaque étape et arrive au complet à Barcelone le 18 juillet. Née en Espagne et parlant espagnol, Carmen Crespo sert de traductrice et de guide pour ses coéquipières.
(...)
Revenue en France, Carmen Crespo décide finalement de repartir se battre en Espagne. Elle démissionne de son travail dans les assurances, et franchit illégalement la frontière avant de
s’engager dans la colonne Ortiz, une milice anarchiste liée à la Confédération nationale du travail (CNT) et à la Fédération anarchiste ibérique (FAI).
Elle est initialement assignée à des tâches de secrétariat en raison de son sexe, mais elle exige de prendre part aux combats et obtient gain de cause. Entre deux affrontements fusil à la main, elle écrit à sa famille et à ses amies basketteuses :
"Chaque dimanche, je n’oublie pas que nous sommes au dernier jour de la semaine, je souhaite que vous fassiez une bonne partie et pour terminer que vous gagnerez (...). Je pense aussi au sport,
à l’équipe très sympathique où je devais entrer, mais avec regrets, car je ne jouerai certainement pas cet hiver. »
Ce sont ses dernières lettres. Carmen Crespo meurt en janvier 1937, fauchée par une grenade pendant un affrontement au nord de l’Espagne.
Le texte intégral est en PDF ci-dessous.

Les giménologues, 9 mai 2026.