En médaillon : le triangle des Espagnols dans les camps de concentration allemands.
Les dernières étapes vers la mort de Marcelino à Mauthausen
On lira ci-dessous la dernière lettre de Marcelino Sanz du 27 mai 1940, et celle récente de son petit-fils Alban Sanz. El nieto rend compte des tragiques événements qui conduisirent à la mort de Marcelino à Mauthausen, annoncée à la famille le 21 octobre 1941 par la Croix Rouge internationale. Il y était arrivé le 27 janvier 1941.
Patrick Claude a joint quatre documents.
Le premier est un récapitulatif du séjour à Gorze de Marcelino. Il comprend notamment des cartes qui rendent compte des « lieux tragiques de la vie de Marcelino en juin 1940 » : Epinal le lieu où Marcelino est encore au 11ème CTE le 18 juin 1940 ; Granges le lieu où il est fait prisonnier le 22 juin ; Bains-les-Bains le lieu où il est retenu prisonnier avant de rejoindre le frontstalag 140 de Belfort ». Ils repartent le 25 janvier 1941 en train et arrivent le 27 janvier 1941 au camp de Mauthausen.
Le second revient sur le séjour de la famille à Mézin. C’est le 8 février 1939 que Benigna et ses 6 six enfants arrivent par convoi en gare de Mézin, composé de 56 réfugiés, principalement des femmes et des enfants.
Le troisième est titré « Epilogue ». Il retrace la tentative échouée de Marcelino de rejoindre sa famille, et sa capture le 22 juin 1940 dans la commune de Granges ( Vosges). Au bout de quelques mois sans avoir de nouvelles, Benigna reçut enfin une lettre de son mari provenant de Belfort et estampillée avec le sceau de la Wehrmacht. Cette lettre disait :
« Chère épouse et chers fils, n’ayez pas de la peine, je me trouve sain et sauf et bien soigné.Baisers. Marcelino ».
Ensuite plus rien jusqu’au 21 octobre 1941.
Le quatrième relate le retour à Alcorisa en 2024 de Patrick Claude
Les Giménologues 20 juin 2025.
Texte d’Alban Sanz :
« Au-delà de l’histoire personnelle et individuelle, il y a une portée universelle de cette histoire, de ces lettres. Je l’ai compris le jour où j’ai vu mon père, dans les années 90 en larmes devant la TV qui montrait l’exode de civils, hommes, femmes, enfants, vieillards sur des charrettes, à pied traînant
d’invraisemblables bagages et paquets, l’air hagard, en Yougoslavie durant la guerre qui vit la scission du pays. Cela lui rappelait et de trop , son propre exode dans les mêmes conditions. (…)
Aujourd’hui l’histoire de Marcelino, c’est l’histoire de Kamel, Khalil, Marwa, Nour, Issa, Haji, l’histoire d’une bonne partie de la planète qui erre sans foyer, sans ressources, sans espoir aussi souvent. Ces lettres évoquent un passé, mais aussi un présent qui, si nous ne le changeons pas, sera notre futur. »