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Les Gimenologues
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Lettres de Marcelino de mai 1940

Note de Patrick Claude de l’association "Au pied du mur" qui travaille sur la Retirada dans les Alpes de Haute-Provence.
Bonjour.
Pour info : deux livres qui sont une des bases de mes recherches, ils sont écrits par Guy Marchot. (Voir ci jointes les couvertures).
Le titre :" les indésirables, les camps d’internés Français et Étrangers 1939 -1946", avec énormément de références sur les CTE et GTE, mais pas que... mais aussi les côtes de Archives Nationales, Départementales ou privées.
Le volume que vous pouvez trouver sur internet est à 30 / 35 euros environ, plus transport.
Le tome 1 traite de la France partie nord : 622 pages, 1700 camps
Le tome 2 traite de la France partie sud : 672 pages, 2350 camps
Il existe un tome 3 qui traite de l’Afrique du nord et des colonies.

En ce 16 mai 1940, l’armée française est en très mauvaise situation.
Après avoir revu pour la première fois sa famille depuis 1939, Marcelino est retourné à la 11ème CTE en Moselle. Dans cette soixante-neuvième lettre, il indique que sa compagnie vient de quitter Gorze pour le village de Novéant à quelques kilomètres de là.

Extraits de la lettre du 21 mai 1940 :
"Parfois, je crois que le gouvernement français nous a trompé et que les Français sont en train de
faire de même". (...)
Je me rappelle ce que me disaient mes parents : « Mes fils, tâchez de travailler pour votre compte, même en ramassant des papiers le long des rues, car même le meilleur des patrons mérite d’être pendu à la girouette de la plus haute tour. (...) Benigna tu me dis que Juana est à nouveau en ta compagnie, ce qui me plait puisque c’est ce que je désire également. Savoir que ses patrons lui payaient 40 francs est une honte, d’autant plus que la pauvre fille s’éreintait au travail. Dans ces conditions on peut avoir des domestiques et les aimer. Ce sont eux qui nous mettent dans des conditions qui nous empêchent de prendre un autre chemin. Ces choses-là ne se font que lorsque quelqu’un est obligé de les faire pour se sauver d’un désastre tragique. Mais tant qu’il y a des possibilités de vie et d’espérance pour tous, il est criminel de se comporter de cette façon. Il est évident que comme on dit habituellement, du peu ils ne nous donnent pas grand-chose et du beaucoup rien du tout. L’estime qu’ils disent avoir pour nous n’est qu’un prétexte pour mieux profiter de nous. Ils sont ce qu’ils sont et non ce qu’ils nous font croire qu’ils sont. On a raison de dire : "Le singe est toujours un singe, fût -il déguisé en prince ".
Même en sachant que le monde est ainsi depuis toujours c’est-à-dire que tout ce qu’il y a de
meilleur va aux riches et que les maigres maigrissent pendant que les gros grossissent, ceux qui
travaillent doivent gagner suffisamment pour pouvoir manger, se vêtir et subvenir aux dépenses
de leur famille. En ce comportant comme ils le font et l’ont toujours fait, je ne comprends pas que
la bourgeoisie s’étonne qu’éclatent des révolutions."

Marcelino Sanz