Accueil du siteInfos
Dernière mise à jour :
vendredi 18 juillet 2014
Statistiques éditoriales :
544 Articles
31 Brèves
2 Sites Web
4 Auteurs

Statistiques des visites :
299 aujourd'hui
241 hier
517005 depuis le début
     
Brèves
Annonce du CIRA-Marseille
samedi 23 novembre

INVITATION
À NOTRE LOCAL DU CIRA
50 rue Consolat 13001 Marseille

Le samedi 7 DECEMBRE 2013
à 17 h

Présentation des Giménologues
Les Itinéraires Barcelone-Perpignan
de Jordi Gonzalbo

LES GIMÉNOLOGUES ILLUSTRERONT DE PHOTOS CES
« CHRONIQUES NON MISÉRABILISTES
D’UN JEUNE LIBERTAIRE EN EXIL »
.

Itinéraires Barcelone-Perpignan par Jordi Gonzalbo.
ACL, Lyon 2013
138 pages, 10 €.
(disponible au CIRA)

 
La prison Carabanchel de Madrid
lundi 7 octobre

La prison Carabanchel de Madrid

Projet d’édition photographique de

Jean-Yves GARGADENNEC

intitulé

« CARABANCHEL les ombres du franquisme ».

Lire l’article
 
Marche « PONZAN »
22 & 23 juin 2013
lundi 10 juin

Marche « PONZAN »
dans les Pyrénées
les 22 & 23 juin 2013
Randonnée sur un sentier
utilisé par les passeurs
du réseau Ponzán,
à l’initiative de la CNT-Solidarité Ouvrière (CNT-SO)

Lire l’article

 
Causeries en Limousin
le samedi 25 mai 2013
dimanche 12 mai


Causeries en Limousin
le samedi 25 mai 2013
à partir de 15h
À la salle des fêtes de
Rempnat en Haute-Vienne
Canton d’Eymoutier 87120

Conférence de Franck Mintz sur

Les collectivisations dans la révolution espagnole
des années 1920 à 1937

Lire la suite

 
« Emilio : El eco de otros pasos » à Barcelone • le 17 mai
samedi 12 mai

Dans le cadre du deuxième festival du cinéma anarchiste à Barcelone du 16 au 19 mai 2012 , le film d’Enric sur Emilio « Emilio : El eco de otros pasos » sera projeté le jeudi 17 mai à 18h20.

Lire la suite

 
Conférence giménologique à Bourges le 18 novembre 2011
De « la lucha por Barcelona » à « el elogio del trabajo »
L’anticapitalisme des anarchistes et des anarcho-syndicalistes espagnols dans les années trente
mercredi 9 novembre 2011

popularité : 12%

Le vendredi 18 novembre à 21 heures à Bourges, dans la salle « La soupe aux choux » (en haut du restaurant Le Guillotin près de la place Gordaine), les Giménologues présenteront un exposé illustré de photos projetées autour du projet de Communisme Libertaire en Espagne, à travers les collectivisations industrielles à Barcelone et le début de socialisation rurale en Aragon.

Ils évoqueront la genèse du concept de Communisme Libertaire :

Au congrès de l’AIT de 1881 à Londres, le collectivisme bakouniniste céda la place à l’anarcho-communisme défendu par Cafiero, Kropotkine, Malatesta et Reclus. L’anarcho-communisme, « ancêtre » du Communisme Libertaire, est officiellement adopté en Espagne au Congrès de Séville de 1886 de la Fédération des Travailleurs de la Région Espagnole. Le choix du communisme est apparu dans le mouvement anarchiste à partir de la critique de la théorie collectiviste qui proposait de quantifier la valeur du travail selon le temps ou la tâche effectuée ; ce qui se traduisait par la formule « de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ». Pour les anarcho-communistes, cela impliquait qu’il y ait un centralisme économique qui définisse cette valeur (en monnaie ou en bons de consommation), et donc des personnes spécialisées dans l’estimation de la valeur du travail. Théoriquement et pratiquement, tout cela était inacceptable, car il n’était pas possible ni souhaitable d’attribuer une valeur à l’activité humaine. Ils estimaient en outre que les modes de production modernes avaient atteint une telle complexité industrielle et technique qu’il devenait impossible de déterminer la proportion exacte de travail réalisé par chacun et le paiement juste qui devait lui correspondre. Tenter de le faire impliquait un retour vers le système capitaliste des salaires et une société inégalitaire. Autre critique : la formule collectiviste « de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail » correspondait bien aux anciens artisans devenus ouvriers de l’industrie. Mais en fonction du type de travail réalisé, beaucoup de salariés resteraient en marge de ces revenus (les ouvriers agricoles sans qualification, les travailleurs domestiques, les employés, les femmes, les vieillards et les malades) : c’est pourquoi il était nécessaire de collectiviser la production et la consommation. En d’autres termes, pour qu’il puisse exister une prospérité générale équitable, il était indispensable de socialiser les outils de travail et les produits du travail entre tous les membres de la société qui contribueraient à cette production, sans oublier leur consommation à laquelle tous et toutes auraient droit. D’où la nouvelle formule proposée par les anarcho-communistes pour répartir le produit social : « De chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins. »

Cf. des éléments du débat présentés par Daniel Guérin, L’anarchisme, Gallimard, Folio, 1981, pp. 70-74 ; et dans l’ouvrage de Clara E. Lida, La mano negra. Anarchisme rural, sociétés clandestines et répression en Andalousie (1870-1888), L’Échappée, 2011, pp. 48-50 et 103-107.

Si les anarchistes de l’époque étaient conscients des risques et réfléchissaient au moyen de les limiter, à l’épreuve des faits en Espagne, c’est la consigne collectiviste « à chacun le produit de son travail » qui fut généralement appliquée en ville. Le Communisme Libertaire était plus facile à concrétiser à la campagne car il englobait toute la population d’un village. La vie entière des gens fut transformée et pas seulement leur vie laborieuse.

Les Giménologues poseront la question : qu’est-ce qui est en jeu dans l’étrange tentative de reconstruire le monde autour d’un centre que ses occupants ne cherchent qu’à fuir : le travail ?

« Nous ferons du travail la détermination suprême de la vraie richesse, le signe unique du prestige social, il sera la plus grande source de fierté pour les travailleurs émancipés. »

L’auteur de ces lignes, Juan Fábregas, affilié à la CNT en juillet 1936 et futur ministre de l’économie de la Généralité de Catalogne, estimait « nécessaire de créer une mystique du travail ». Dans un article intitulé « Éloge du travail », il proposait de remplacer l’anathème biblique « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » par un « anathème humain, qu’il sera impossible de railler, applicable de manière inflexible et inexorable : « Qui ne travaille pas ne mange pas ! ».

Un anarchiste individualiste éminent, Felipe Alaiz, peu versé jusque-là dans les questions économiques, définit en 1938 le « problème essentiel de l’Espagne » comme étant le problème du « non-travail », et soutint que le « retard espagnol provenait, en grande partie, de la paresse congénitale qui faisait que [l’Espagnol] se satisfaisait d’un croûton de pain ». Il ajoutait que « les grèves étaient partiellement responsables du déclin de l’éthique du travail », et qu’elles ne faisaient que nuire au nouveau « consommateur-producteur ». Il s’inquiétait : « Si nous ne travaillons, pas, nous allons tout perdre, même si nous gagnions la guerre. » Cf. son article « Vers un stakhanovisme espagnol ? » in Tiempos nuevos, octobre-novembre 1938.

Pendant longtemps le mouvement libertaire (notamment l’anarcho-syndicalisme, le communisme libertaire, et d’autres courants) a, comme le marxisme traditionnel, naturalisé les catégories capitalistes et leurs formes sociales correspondantes, et en particulier le travail. On verra que de 1936 à 1938 ce ne sont finalement pas tant l’argent (qui sera conservé pour les échanges), la propriété privée (qui ne sera pas radicalement abolie), l’État (qui ne fut pas abattu) ni le marché (qui ne fut neutralisé que dans les collectivité rurales) que les anarchistes espagnols dénoncèrent, mais le « non-travail » sous toutes ses formes : celui des bourgeois et grands propriétaires exploiteurs, oisifs et parasites ; et celui des classes populaires rétives au salariat, dont l’ouvrage de Michael Seidman permet de prendre la mesure.

Nous aborderons le matériau dont s’est servi l’auteur d’Ouvriers contre le travail à Barcelone et Paris pendant les fronts populaires.

À partir des sources patronales et syndicales, Seidman aborde en détail la réticence des ouvriers barcelonais à retourner au travail, dès juillet 1936 : « L’absentéisme, les fausses maladies, les retards et les grèves constituaient une résistance directe. […]. La résistance indirecte consistait en vol, sabotage, coulages de cadences, indiscipline et indifférence. […]. À Barcelone, la désobéissance persistante impliquait un désaveu implicite de la direction économique par les syndicats. […]. Tout cela limitait le rendement et provoqua les réactions coercitives des appareils syndicaux. » Sachant que « le nouveau comportement type de l’ouvrier d’industrie de l’époque était d’en faire aussi peu que possible », comment s’étonner qu’un projet d’émancipation libertaire, désormais associé à la soumission volontaire au temps et à l’espace du travail industriel, ne fasse pas recette ?

Nous évoquerons « l’anticapitalisme tronqué » des anarchistes, au sens où ces derniers critiquaient la domination au travail et non pas la domination du travail. Le capitalisme n’était pas appréhendé comme un mode de production mais comme le système d’exploitation d’une classe par une autre, où une minorité capte la richesse sociale à son profit. Il ne s’agit pas ici de railler ni de dénigrer mais de voir comment une société encore peu colonisée par « l’esprit du capitalisme » fut invitée en 1936 à se débarrasser de ce dernier en basculant dans le productivisme et le consumérisme, et en passant d’un stade du développement capitaliste à un autre. Cela équivalait à subordonner toujours plus la force de travail vivante à la logique d’accumulation du capital.

Les Giménologues, 8 novembre 2011

 
Post Scriptum :

La soupe aux choux / Restaurant Le Guillotin,
15 Rue Jean Girard
18000 Bourges

Source des photos 2 et 4 :
Espagne 36. Les affiches des combattant-e-s de la liberté, paru aux Editions libertaires - Editions du Monde libertaire, Paris, 2005.

Articles de cette rubrique
  1. Le Monde du 6 septembre 1996.
    30 mai 2005

  2. Le Monde Diplomatique. Décembre 2000.
    30 mai 2005

  3. Filmographie. Guerre et révolution espagnole. 1936-39.
    5 juin 2005

  4. Livre : "Ni l’Arbre, ni la Pierre." Par Daniel Pinos
    8 juillet 2005

  5. Rojo y Negro. Journal en Ligne de la CGT espagnole.
    22 juillet 2005

  6. Photos de Colette Durruti.
    25 juillet 2005

  7. Articles en ligne sur Alasbarricadas
    3 août 2005

  8. Barcelone : Présentation du Livre "La Lucha por Barcelona".
    6 octobre 2005

  9. Federica Montseny : entrevue enregistrée .
    12 novembre 2005

  10. Laurie Lee. "Un beau matin d’été"
    22 janvier 2006

  11. Espagne 1936 - Les affiches des combattant-e-s de la liberté.
    19 février 2006

  12. 24 au 28 avril 2006. "La résistance au cinéma".
    17 avril 2006

  13. Projection et présentation à Rome. Vendredi 26 mai 2006.
    23 mai 2006

  14. Les jumelles de Buenaventura Durruti…
    16 juillet 2006

  15. "La Chevauchée Anonyme". Louis Mercier-Vega.
    22 septembre 2006

  16. Francia no nos llamo.
    27 octobre 2006

  17. La raison douloureuse. Federico Gargallo Edo.
    18 novembre 2006

  18. Nîmes (Gard). Du 16 novembre au 21 décembre 2006.
    20 novembre 2006

  19. Montpellier. Mardi 12 décembre 2006.
    8 décembre 2006

  20. Barcelona, mayo 1937. Testimonios desde las barricadas.
    6 janvier 2007

  21. Carte des barricades de mai 1937 à Barcelone.
    25 avril 2007

  22. Mai 37. Projection-débat le vendredi 11 mai à Périgueux.
    25 avril 2007

  23. Mort de Valero Chiné Bagué.
    10 mars 2008

  24. La Mort de l’Espoir d’Eduardo de Guzmán.
    21 avril 2008

  25. "Tant pis si la lutte est cruelle" : volontaires internationaux contre Franco
    6 juin 2008

  26. Journal de Catalogne. August Thalheimer
    22 septembre 2008

  27. BIOGRAPHIE d’Amador ALVAREZ
    14 mars 2009

  28. Additif à la notice sur Amador Alvarez. (abuelo de Sonia)
    26 avril 2009

  29. Inventaire provisoire des mémoires anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols
    18 mars 2010

  30. El Sueño Igualitario N°109 (Le Rêve Egalitaire)
    7 septembre 2010

  31. LE A CERCLÉ
    10 septembre 2010

  32. El Sueño Igualitario N°111 (Le Rêve Egalitaire)
    24 octobre 2010

  33. Notice biographique sur Joseph Gonzalo Posidio MERIDA RAFOLS
    25 octobre 2010

  34. OUVRIERS contre le TRAVAIL
    8 janvier 2011

  35. De « la lucha por Barcelona » à « el elogio del trabajo »
    9 novembre 2011

  36. Josep Fortuny Ferrer de Tarnac
    13 décembre 2011

  37. À l’occasion de la récente édition allemande de
    « Ouvriers contre le travail » de Michael Seidman

    23 décembre 2011

  38. journée sur « Anarchisme et anarcho-syndicalisme en Espagne »
    15 avril 2012

  39. Les collectivisations dans la révolution espagnole
    des années 1920 à 1937

    12 mai 2013

  40. Marche « PONZAN »
    10 juin 2013

  41. Emilio est décédé à Saint-Pierre-Des-Corps le mercredi 30 janvier 2013, à l’âge de 93 ans.
    13 juin 2013

  42. LA PRESSE ANARCHISTE DIGITALISEE
    16 juin 2013

  43. Ressources sur l’utopie, sur les utopies libertaires et les utopies anarchistes
    11 septembre 2013

  44. « CARABANCHEL les ombres du franquisme »
    6 octobre 2013

  45. À THUBANEAU
    7 octobre 2013

  46. Les Itinéraires Barcelone-Perpignan de Jordi Gonzalbo
    25 novembre 2013

  47. En souvenir de notre cher compañero Hélios Peñalver
    14 décembre 2013

  48. « L’Espagne en proie à la barbarie »
    19 janvier 2014

  49. Concha Pérez Collado nous a quittés
    30 avril 2014

  50. “Can Vies : La raison de la force dans la Barcelone policière”
    1er juin 2014